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Fantastique et révolte chez Jean Muno et Hugo Raes

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Asa Josefson

Le fantastique belge a souvent été considéré comme l’expression d’une révolte contre le conformisme de l’ordre établi. Cette idée constitue le point de départ du présent ouvrage, consacré aux expressions de la révolte chez deux écrivains belges, Jean Muno (1924–1988), francophone, et Hugo Raes (1929-), néerlandophone.
Il ne s’agit pas tant ici d’une étude comparée de leurs œuvres respectives, trop différentes/distinctes pour pouvoir se prêter à une telle approche, mais de la mise en valeur d’une thématique qui relie deux écrivains du même pays et de la même génération, tous deux actifs dans le domaine de la littérature de l’imaginaire.
L’objectif de cet ouvrage est double. Dans un premier temps, on relèvera et analysera les différentes composantes constitutives de la révolte dans leurs textes. Ensuite, on étudiera par le détail les particularités de leur fantastique à l’aide d’un modèle inspiré par la théorie des prototypes, telle qu’elle a été formulée par Eleanor Rosch.

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DEUXIÈME PARTIE: JEAN MUNO

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DEUXIÈME PARTIE JEAN MUNO 61 CHAPITRE I Présentation de l’écrivain Jean Muno, Robert Burniaux de son vrai nom, était le fils de Jeanne Tailleu et de l’écrivain Constant Burniaux. Tout comme ses parents, il sera enseignant en littérature française. Si le chemin de l’école lui a été résolument indiqué, il ne se considère pourtant pas comme une victime de son métier : J’ai effectivement l’impression d’avoir eu en main, des cartes que je n’ai pas choisies. Mais j’ai le sentiment d’avoir fait, néanmoins, un jeu très person- nel. C’est vrai, j’ai été amené au professorat, orienté vers la littérature parce que, dans mon milieu, c’était l’activité par excellence. Mais ce milieu, appa- remment étouffant, devait me convenir. Je n’ai pas été un professeur martyr. Et je ne me sens pas écrasé1. Même si Muno laisse entendre qu’il n’a pas souffert d’une autorité parentale qui lui a imposé la direction à prendre, il faut souligner qu’il règle ses comptes avec cette autorité, ainsi qu’avec son milieu, d’abord dans Ripple-Marks (1976, prix de la Ville de Bruxelles), ensuite dans Histoire exécrable d’un héros brabançon (1982). D’inspiration autobio- graphique, ces deux textes dévoilent justement les contraintes et les obligations qui ont marqué son existence. Papin, narrateur d’Histoire exécrable et alter ego de l’écrivain, n’a aucune chance contre la résolu- tion de ses parents : « Dès avant ma naissance, tout était d...

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