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Fantastique et révolte chez Jean Muno et Hugo Raes

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Asa Josefson

Le fantastique belge a souvent été considéré comme l’expression d’une révolte contre le conformisme de l’ordre établi. Cette idée constitue le point de départ du présent ouvrage, consacré aux expressions de la révolte chez deux écrivains belges, Jean Muno (1924–1988), francophone, et Hugo Raes (1929-), néerlandophone.
Il ne s’agit pas tant ici d’une étude comparée de leurs œuvres respectives, trop différentes/distinctes pour pouvoir se prêter à une telle approche, mais de la mise en valeur d’une thématique qui relie deux écrivains du même pays et de la même génération, tous deux actifs dans le domaine de la littérature de l’imaginaire.
L’objectif de cet ouvrage est double. Dans un premier temps, on relèvera et analysera les différentes composantes constitutives de la révolte dans leurs textes. Ensuite, on étudiera par le détail les particularités de leur fantastique à l’aide d’un modèle inspiré par la théorie des prototypes, telle qu’elle a été formulée par Eleanor Rosch.

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TROISIÈME PARTIE: HUGO RAES

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TROISIÈME PARTIE HUGO RAES 227 CHAPITRE I L’imaginaire en Flandre La présence du réalisme magique Si le fantastique belge francophone est d’un dynamisme incontes- table, il n’en est pas de même pour la partie néerlandophone du pays, qui ne présente pas la même abondance de ce genre de textes. Jean- Baptiste Baronian évoque rapidement l’hypothèse selon laquelle l’essor du fantastique belge s’expliquerait en partie par la proximité de la culture flamande1, pour la rejeter aussitôt : « Ce serait sous-entendre enfin qu’existe une littérature fantastique flamande tout aussi vivante et que celle-ci aurait, à sa manière, constitué une référence constante pour l’écrivain ou, à tout le moins, qu’elle aurait influencé son entreprise. Il se trouve qu’il n’en est rien »2. Il est vrai qu’il existe un certain déséqui- libre entre les deux littératures majeures en Belgique au niveau de la place qu’y occupe le fantastique, dans la mesure où son importance pour l’une ne se retrouve pas dans la même mesure dans l’autre. Cela ne signifie pas pour autant que la littérature flamande ne possède pas d’imaginaire. Le fantastique en tant que tel y est moins prononcé, mais la littérature en Flandre est néanmoins marquée par une variante de l’imaginaire d’une certaine envergure : il s’agit bien évidemment du réalisme magique. La branche sud-américaine de ce courant littéraire est plus célèbre que son équivalent flamand, qui est...

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