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L’interface prosodie/syntaxe en français

Dislocations, incises et asyndètes

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Mathieu Avanzi

Dans cet ouvrage, l’auteur dresse un bilan des différentes hypothèses émanant des publications portant sur l’interface prosodie/syntaxe au cours de ces trente dernières années. Sur la base d’un échantillon de plus d’un millier de séquences extraites de larges corpus de français parlé authentique, il se propose ensuite de tester empiriquement la couverture des hypothèses en présence, afin de les valider ou de les reformuler, le cas échéant. Les données sont traitées semi-automatiquement avec des outils d’annotation prosodique développés à dessein, et l’analyse s’appuie sur les outils de la statistique en vue d’évaluer de façon détaillée le poids des indices syntaxiques et prosodiques influant sur le phrasé de configurations que l’on appelle dislocations, incises et asyndètes en français.

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CHAPITRE 6. Greffes de constructions verbales

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215 CHAPITRE 6 Greffes de constructions verbales Dans l’énoncé il est arrivé ici il avait 16 ans, la construction verbale il avait seize ans semble faire office de complément du verbe est arrivé, comme le ferait plus classiquement un SPrép (à seize ans) ou une quand-construction (quand il avait seize ans). À la suite de Deulofeu (1999), on appelle greffe ce procédé discursif qui consiste « à instancier une position syntaxique avec un élément autre que celui attendu » (Benzitoun et al., 2010 : 2085). Du point de vue syntaxique, le problème qui se pose est de savoir quel statut accorder à ce genre de couplage asyndétique. S’agit-il d’une succession de deux constructions verbales entretenant une relation macro-syntaxique, ou d’une combinaison originale de nature micro-syntaxique ? Comme on va le voir avec la définition et la revue des propriétés de la greffe (§1), les indices classiques qui permettent de trancher entre ces deux analyses sont minces, et seule la prosodie pourrait contribuer, en définitive, à faire pencher la balance en faveur de l’une ou l’autre interprétation (§2). Après avoir présenté la collection d’exemples que j’ai constituée (§3), je montre dans la partie consacrée à l’analyse prosodique (§4) que les couples de constructions verbales identifiables comme des greffes sont actualisées en discours par des patrons prosodiques différents. Je conclus en arguant que le choix de l’un ou de l’autre de ces patrons par les sujets parlants n’est pas sans conséquences sur l’analyse...

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