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La destruction dans l’histoire

Pratiques et discours

Edited By Didier Martens, David Engels and Alexis Wilkin

Depuis les origines mêmes de la civilisation, l’expérience de la fragilité de toute création humaine a amené l’homme à essayer de trouver un sens à la possible destruction – volontaire ou naturelle – de ce qu’il aime et de ce qui le fait vivre. C’est autour de ces grandes questions – quelle est l’importance réelle de l’acte destructeur dans l’histoire et dans quelle mesure cet acte est-il présenté, condamné ou légitimé par les contemporains ? – que s’est cristallisé le projet de recherche « La destruction dans l’histoire » mis sur pied, depuis 2009, au sein du centre de recherches SOCIAMM de l’Université libre de Bruxelles, et dont l’aboutissement est le présent volume collectif interdisciplinaire. Il réunit onze contributions consacrées à différentes déclinaisons dans le temps et dans l’espace d’un seul et unique phénomène, celui des destructions volontaires d’objets matériels, et invite à un parcours qui va de la Rome antique jusqu’à Bruxelles à l’aube du XX e siècle.

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Une rhétorique de la destruction ? Le cas des temples païens dans l’Antiquité tardive - Aude BUSINE

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83 Une rhétorique de la destruction ? Le cas des temples païens dans l’Antiquité tardive* Aude BUSINE (F.R.S.-FNRS) I. Introduction La destruction des temples païens constitue une des manifestations les plus spectaculaires de la christianisation du monde antique. Les études sont nombreuses à s’interroger sur les causes et les circonstances de la ruine de ces fleurons du génie architectural antique qui va, avec l’implantation de nouveaux lieux de culte chrétiens, marquer un chan- gement radical dans le paysage urbain et rural du monde gréco-romain traditionnel. Le thème de la destruction intentionnelle de temples s’inscrit dans le débat plus vaste sur la violence religieuse dans l’Antiquité tardive1. Pour certains, la rage destructrice des moines et des évêques refléterait l’attitude généralisée des Chrétiens à l’égard du monde qui les entourait. Ces actes de violence seraient intrinsèques au développement du mono- théisme, qui serait à l’origine de la politique anti-païenne déployée de façon systématique par les autorités chrétiennes pour imposer brutale- ment leur religion dans un environnement qui leur était hostile. Le caractère violent et organisé des opérations menées par les autorités chrétiennes à l’encontre des temples païens marquerait ainsi une volonté ferme de rupture avec la culture et la religion traditionnelles2. * Je dédie cet article à Didier Viviers, l’Apaméen, qui est pour beaucoup à l’origine de cette étude. Je remercie également A. D’Hautcourt, F. Fréd...

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