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La destruction dans l’histoire

Pratiques et discours

Edited By Didier Martens, David Engels and Alexis Wilkin

Depuis les origines mêmes de la civilisation, l’expérience de la fragilité de toute création humaine a amené l’homme à essayer de trouver un sens à la possible destruction – volontaire ou naturelle – de ce qu’il aime et de ce qui le fait vivre. C’est autour de ces grandes questions – quelle est l’importance réelle de l’acte destructeur dans l’histoire et dans quelle mesure cet acte est-il présenté, condamné ou légitimé par les contemporains ? – que s’est cristallisé le projet de recherche « La destruction dans l’histoire » mis sur pied, depuis 2009, au sein du centre de recherches SOCIAMM de l’Université libre de Bruxelles, et dont l’aboutissement est le présent volume collectif interdisciplinaire. Il réunit onze contributions consacrées à différentes déclinaisons dans le temps et dans l’espace d’un seul et unique phénomène, celui des destructions volontaires d’objets matériels, et invite à un parcours qui va de la Rome antique jusqu’à Bruxelles à l’aube du XX e siècle.

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Dévoré par la foule. Cannibalisme et violences collectives en Occident : une approche historique - Vincent VANDENBERG

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109 Dévoré par la foule Cannibalisme et violences collectives en Occident : une approche historique Vincent VANDENBERG (F.R.S.-FNRS) I. Introduction Réduit à sa pratique, le cannibalisme1 se définit d’abord comme une consommation alimentaire. Sa dimension proprement destructrice, telle que cette notion est envisagée dans le présent volume, n’apparaît qu’une fois considérés les mobiles de ladite consommation. Plusieurs question- nements s’imposent d’emblée : le cannibale est-il nécessairement des- tructeur ? Que détruit-il ? Dans quel but ? Pratique et discours s’entremêlent en permanence au sein de l’abondante documentation historique touchant peu ou prou à la problématique des mangeurs d’hommes. Comment l’historien peut-il dès lors approcher le thème, notamment en fonction de sa forte orientation anthropologique ? Il faut bien admettre qu’il n’est pas de réponse aisée à cette dernière interroga- tion. L’intense débat qui anime le monde des anthropologues depuis plus d’une trentaine d’années, dont l’enjeu est justement la part respec- tive du factuel et du fantasmé dans l’ethnographie pluriséculaire du cannibalisme, est loin d’avoir clarifié les choses2. D’autant qu’au cœur de l’affrontement, traversé de tensions postcoloniales, se situe une 1 En l’absence de consensus sur une distinction claire entre les significations respec- tives des termes cannibalisme et anthropophagie, ils seront ici utilisés en tant que synonymes, désignant la consommation de chair humaine par l’homme. Les ré- flexions développées ici trouvent pour l’essentiel leur source dans une thèse de doc- torat : V....

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