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La destruction dans l’histoire

Pratiques et discours

Edited By Didier Martens, David Engels and Alexis Wilkin

Depuis les origines mêmes de la civilisation, l’expérience de la fragilité de toute création humaine a amené l’homme à essayer de trouver un sens à la possible destruction – volontaire ou naturelle – de ce qu’il aime et de ce qui le fait vivre. C’est autour de ces grandes questions – quelle est l’importance réelle de l’acte destructeur dans l’histoire et dans quelle mesure cet acte est-il présenté, condamné ou légitimé par les contemporains ? – que s’est cristallisé le projet de recherche « La destruction dans l’histoire » mis sur pied, depuis 2009, au sein du centre de recherches SOCIAMM de l’Université libre de Bruxelles, et dont l’aboutissement est le présent volume collectif interdisciplinaire. Il réunit onze contributions consacrées à différentes déclinaisons dans le temps et dans l’espace d’un seul et unique phénomène, celui des destructions volontaires d’objets matériels, et invite à un parcours qui va de la Rome antique jusqu’à Bruxelles à l’aube du XX e siècle.

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Tabula rasa ? Quelques réflexions sur la destruction physique des vestiges de l’Ancien Régime dans la France révolutionnaire (1789-1794) - Bruno BERNARD

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261 Tabula rasa ? Quelques réflexions sur la destruction physique des vestiges de l’Ancien Régime dans la France révolutionnaire (1789-1794) Bruno BERNARD « Les barbares et les esclaves détestent les sciences et détruisent les monuments des arts ; les hommes libres les aiment et les conservent. » Abbé Henri Grégoire, 31 août 1794 Toute révolution est destructrice. Mais peut-être la Révolution fran- çaise se singularise-t-elle, dans sa période la plus radicale, par le fait qu’elle fait de « la destruction » – physique ou non – non seulement une pratique, mais aussi une sorte d’éthique devant nécessairement s’appliquer à la quasi-totalité des domaines de la vie sociale. C’est là, sans doute, une des images les plus répandues de cette pé- riode particulièrement agitée. Mais loin d’être considérée par tous les acteurs de la Révolution comme participant intrinsèquement du proces- sus révolutionnaire, la destruction physique des vestiges symbolisant l’Ancien Régime fait au contraire l’objet, dès 1790, d’un certain nombre de réticences, voire de franches condamnations. Que celles-ci soient exprimées au nom d’une longue histoire considérée comme un socle civilisationnel ineffaçable, ou bien en vue, au contraire, de faire du passé honni le support pédagogique d’une éducation révolutionnaire et « régé- nérée », elles se rejoignent en tout cas dans la stigmatisation des trois causes principales de ce que l’on qualifie, à partir de 1794, de « vanda- lisme...

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