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Les Ukrainiens face à leur passé

Vers une meilleure compréhension du clivage Est/Ouest

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Olha Ostriitchouk

Cette étude se propose de donner quelques clés essentielles pour une compréhension de la fracture identitaire qui parcourt la société ukrainienne et que la Révolution orange a révélée au monde occidental. Elle retrace l’évolution de l’idée nationale, de son éclosion au début du XIX e siècle jusqu’à la proclamation de l’indépendance en 1991, en passant par les luttes, non abouties, des mouvements de libération sociale et nationale des années 1920. La Seconde Guerre mondiale y occupe une place déterminante, telle une matrice de deux narrations concurrentes qui commanderait les logiques interprétatives de l’ensemble du récit national. Faut-il parler d’« occupation soviétique » ou de « libération » ? L’Holodomor, terme forgé sur le modèle de l’Holocauste pour désigner la Grande Famine de 1932-1933, est-il « un génocide » perpétré par le régime stalinien contre le peuple ukrainien, ou « une tragédie collective », commune aux peuples asservis par Moscou ? Même le très consensuel Tarass Chevtchenko, poète romantique du XIX e siècle, n’échappe pas au conflit d’interprétations.
L’auteure, ethnologue d’origine ukrainienne immigrée au Québec, utilise une approche qualifiée de « proximité distanciée » pour analyser les sensibilités contrastées développées à l’Est et à l’Ouest, dans le contexte de deux expériences majeures du XX e siècle qui les ont profondément marquées, le communisme et le nationalisme.

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Ce livre est le fruit d’un travail de réflexion qui a commencé prati- quement en même temps que mon immigration au Canada, en 2004. Plus qu’un simple choix de sujet de thèse de doctorat, c’était aussi pour moi l’occasion d’effectuer un retour sur mon pays d’origine, l’Ukraine, en prenant mes distances avec son passé, tel qu’il m’avait été initiale- ment transmis par la famille, l’école et l’environnement médiatique. Ce projet a pu prendre forme grâce à l’encadrement universitaire que m’a généreusement offert mon directeur de thèse, le Prof. Bogumil Koss (Université Laval, Québec). La participation aux séminaires qu’il a dirigés et les rencontres personnelles que nous avons pu avoir, à maintes occasions, ont grandement contribué à donner une dimension savante à cette recherche de distance critique. Les bourses d’excellence accordées par la Chaire en histoire comparée de la mémoire dont B. Koss était alors titulaire, ont été très précieuses pour démarrer efficacement ce projet. Par la suite, deux autres fonds de recherche, canadien et québé- cois, ont apporté chacun un soutien financier conséquent à sa réalisa- tion : le Conseil de recherche en sciences humaines (2007-2008) et le Fonds de recherche du Québec - Société et culture (2008-2010, 2010- 2012). Le CELAT (Centre d’études sur les lettres, les arts et les tradi- tions) de l’Université Laval, auquel j’étais rattachée pendant mes études doctorales, a été pour moi le...

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