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Invitation au terrain

Mémoire personnel de la construction du projet socio-anthropologique

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Albert Doja

De l’organisation sociale aux discours et pratiques qui construisent la notion de personne chez les Albanais, en passant par les relations interethniques et les dynamiques interculturelles des valeurs morales dans l’ensemble des Balkans, l’auteur trace le parcours de ses recherches sur les processus symboliques qui structurent les identités sociales, les relations de parenté et de genre, ainsi que les idéologies nationales des cultures, des religions et des langages. Méthodologiquement, s’il a dû s’abstraire de sa propre société, comme socio-anthropologue, il a dû faire un effort supplémentaire : après s’en être détaché, il a fallu la pénétrer à nouveau afin de la reconnaître et l’expliquer socio-anthropologiquement. À ce niveau, l’expérience transculturelle souligne une conversion des complications et des incertitudes du travail de terrain vers la stabilité relative de la connaissance socio-anthropologique. L’objectivité expérientielle d’une telle démarche permet de comprendre de façon plus intime la réalité qualitative exprimée dans les frontières symboliques des identités locales, dans une aire culturelle définie comme un champ composite et instructif. En définitive, si la construction identitaire et la dynamique interculturelle sont importantes, une appréhension plus précise et plus rigoureuse de la totalité sociale est obtenue via une nouvelle méthodologie permettant de construire un meilleur modèle d’explication théorique.

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CHAPITRE 2 : Modes d’analyse

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79 CHAPITRE 2 Modes d’analyse Pour connaître la société « réelle », on ne peut plus se contenter d’une recherche sur les groupements tant soit peu « exotiques », limitée à l’étude des communautés rurales ou à l’étude des aspects « survi- vants » ou « déviants » des ensembles sociaux et des comportements culturels. Cette approche peut livrer des aperçus précieux sur le détail des inventions culturelles particulières et même corriger les théories scientifiques avancées par les savants locaux. Mais pour se garder d’adopter des notions qui seraient peut-être des reconstructions de structures et de valeurs arbitraires, ethnocentriques et intemporelles (Herzfeld 1987), l’anthropologie actuelle préfère une démarche dans la perspective historique et ethnographique, respectant les différences et rejetant toute approche en termes de survivances et de folklorisme ou de définitions externes et ethnocentriques. Du point de vue méthodologique, j’ai essayé de me situer loin de la prospective limitée des chercheurs antérieurs et des études historiques, folkloriques et ethnographiques traditionnelles, marquées par l’isolation intellectuelle et stigmatisées par l’association avec des idéologies mora- listes ou nationalistes, qui furent exceptionnellement dures et revan- chistes surtout dans leur variante communiste. Avec un intérêt explicite de fournir des descriptions nuancées des faits sociaux, j’ai appuyé mes analyses non seulement sur la méfiance du nationalisme, mais aussi sur des enquêtes empiriques informées par une connaissance profonde et circonstanciée des méthodes...

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