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L’Europe par l’économie ?

Des projets initiaux aux débats actuels

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Edited By Sylvain Schirmann

En proposant le 9 mai 1950 la création d’une Haute Autorité du Charbon et de l’Acier, Robert Schuman, inspiré par Jean Monnet, choisit un chemin fonctionnaliste pour parvenir à une Europe unie. L’Europe communautaire vit depuis avec ce schéma. Que ce soit le projet de marché commun qui conduit aux traités de Rome ou la mise en place du système monétaire européen, la logique est la même : les solidarités économiques devraient déboucher sur un surcroît d’intégration politique. Pourtant, dès l’amorce de la construction européenne, on s’aperçut de la difficulté à passer, par le biais de l’économie, à une plus grande unité politique.
Ce constat revêt une acuité particulière dans le contexte actuel de la crise que traverse le projet européen et légitime le sujet des troisièmes journées d’études accueillies à la Maison de Robert Schuman qui pose la question de l’Europe par l’économie.
En interrogeant les héritages historiques mais aussi en mettant en perspective les débats d’aujourd’hui relatifs à la dimension économique de la construction européenne, et cela à une période cruciale de son histoire, les communications rassemblées dans le présent ouvrage contribuent, par une approche pluridisciplinaire, au nécessaire travail d’analyse afin de dresser un état des lieux de l’intégration économique et monétaire et de dessiner les voies possibles pour l’avenir du projet européen.

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Conclusion (Christian Lequesne)

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201 Conclusion Christian LEQUESNE Produire du politique en partant de l’économie : le thème de ce livre renoue avec les interrogations de départ de l’intégration européenne. Tout de suite après l’échec de la Communauté européenne de défense, en 1954, les six États fondateurs n’avaient guère d’autre option pour progresser que de mettre en commun d’abord leurs économies. Depuis lors, le mouvement ne s’est jamais vraiment arrêté. À la politique com- merciale commune ont succédé les projets du marché intérieur puis de l’Union économique et monétaire. Les théoriciens de l’intégration européenne (Haas, Lindberg, Scheingold) ont conceptualisé, dès les années 1960, la méthode fonctionnaliste de Jean Monnet qui visait à faire avancer l’intégration politique par des « solidarités de fait » dans le domaine économique1. Ils ont montré comment elle a permis de mobili- ser des acteurs autour de la résolution de problèmes d’interdépendance (problem solving). Leur erreur fut certainement de penser que la consé- quence automatique en serait le transfert de souveraineté vers une nouvelle autorité politique européenne qui se substituerait aux États. Cinquante ans plus tard, on mesure cependant le chemin parcouru grâce à la méthode dite fonctionnaliste tout en étant confronté au problème de la construction d’une politique démocratique : l’utilitarisme dont est nécessairement porteuse l’économie suffit-il à créer du sentiment com- mun ? N’a-t-on pas négligé une autre dimension qui concerne les...

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