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À l’avant-garde !

Art et politique dans les années 1960 et 1970

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Edited By Malika Combes, Igor Contreras Zubillaga and Perin Emel Yavuz

Les années 1960 et 1970 ont vu se développer un art de la contemporanéité faisant interagir l’œuvre d’imagination et l’intelligibilité de la société, souvent dans des actions collectives et interdisciplinaires. Ainsi les mouvements de contestation en faveur d’un nouvel équilibre mondial et sociétal apparaissent-ils comme le pendant politique de l’éclatement des catégories et des pratiques artistiques, et inversement. Ils inscrivent la perception de ces années-là comme celles d’une marche commune de l’avant-garde artistique et de l’avant-garde politique, c’est-à-dire des nouvelles manières d’intervenir dans le champ artistique et de celles qui, dans le champ du pouvoir, s’inscrivent en dehors des voies de la politique classique. Avec pour objet des œuvres issues des avant-gardes artistiques des années 1960 et 1970, les études de cas interdisciplinaires qui composent cet ouvrage reviennent sur ce parallèle afin de le questionner et d’examiner en détail les multiples interpénétrations qui se sont nouées entre art et politique à ce moment historique marqué par de profondes transformations socio-culturelles.

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Ouvriers et cinéastes (Franche-Comté, années 1960-1970) : Sylvain DREYER

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27 Ouvriers et cinéastes (Franche-Comté, années 1960-1970) Sylvain DREYER Maître de conférences, Université de Pau et des Pays de l’Adour Au regard de l’histoire du cinéma, les films militants des années 1960 et 1970 représentent la dernière actualisation du projet avant- gardiste, après divers courants historiques comme le cinéma soviétique, les films d’artistes des années 1920 et 1930 (ceux de Fernand Léger et de Hans Richter, par exemple) ou l’underground américain. L’essor du cinéma militant en France autour de 1968 constitue un moment terminal, mais il opère également une réactivation du projet avant-gardiste ori- ginel, comme en témoignent les noms dont se parent certains collectifs tels que le Groupe Dziga Vertov ou les Groupes Medvedkine : le pre- mier, fondé par Jean-Luc Godard et un militant maoïste, Jean-Pierre Gorin, revendique les principes du célèbre auteur du film L’Homme à la caméra (1929) ; les seconds entendent rendre hommage au cinéaste Alexandre Medvedkine1. Au sein de la production filmique liée aux luttes ouvrières de cette époque, la Franche-Comté occupe une place privilégiée. Cette région, qui concentre alors une part importante de l’industrie française, est le théâtre d’un renouveau des luttes ouvrières, en particulier lors des grèves avec occupation de 1967-1968 dans les usines Rhodia (Besançon) et Peugeot (Sochaux-Montbéliard), ainsi que lors de l’expé- rience autogestionnaire de l’usine d’horlogerie LIP...

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