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La phénoménologie à l’épreuve des sciences humaines

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Edited By Bruno Frère and Sébastien Laoureux

Au fondement de cet ouvrage, un constat : les usages croissants de méthodes phénoménologiques en sciences humaines. Depuis plusieurs années en effet, émerge le souci, un peu partout dans les sciences humaines, de rompre avec des approches surplombantes du monde, des espaces, des sujets. Aujourd’hui, la phénoménologie semble être la perspective la plus pertinente pour répondre à cette exigence.
À travers le spectre de leur discipline (sociologie, anthropologie, psychiatrie, psychanalyse, géographie, théorie sociale), des praticiens exposent dans cet ouvrage en quoi ils revendiquent un point de vue et une approche proprement phénoménologiques face à des difficultés que les méthodes usuelles de leurs disciplines respectives ne parviennent pas à surmonter. Pour ce faire, ils ont à la fois recourt à la pratique en livrant des exemples concrets, des « terrains » et des « cas » bien spécifiques, et à la théorie, en exposant leurs univers théoriques de références et en privilégiant certains auteurs phénoménologues.

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« Je ne me sens pas vieillir ? » : Le vieillissement à l’épreuve de l’imagination phénoménologique - Emmanuelle TULLE

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33 « Je ne me sens pas vieillir ? » Le vieillissement à l’épreuve de l’imagination phénoménologique Emmanuelle TULLE Glasgow Caledonian University (Traduit de l’anglais par Bruno Frère) Les vertus de l’imagination phénoménologique L’analyse qui suit voudrait interroger les différentes perceptions du vieillissement en utilisant ce que je qualifierai d’imagination phénomé- nologique. Ce questionnement m’est apparu nécessaire à force d’éprou- ver un réel sentiment d’incrédulité face à une série d’énoncés émis par des personnes vieillissantes lors d’investigations sociologiques ou bien même lors de conversations concernant ce moment clef où elles prennent conscience de leur âge et de leur vieillissement en général. En effet, la plupart du temps, les personnes « prétendent » ne pas se sentir vieilles. Se sentant en elles-mêmes inchangées, elles conçoivent leur corps comme une simple couverture soumise à des changements externes qui mettent en danger leur essence identitaire, leur « moi ». Ces énoncés sont sous-tendus par une appréhension de la relation corps-âme conçue comme un idéal type d’harmonie parfaite. Le vieillis- sement met en danger cet équilibre et provoque, d’une certaine manière, une crise ontologique. Il apparaît que, pour y parer, la seule solution est d’exclure le corps de l’expérience réflexive et de donner priorité à un « moi » pur, désincarné. Voilà qui laisse le sens du soi face au vieillissement dans une posi- tion insoutenable puisque le corps, conçu par ailleurs comme le...

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