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La phénoménologie à l’épreuve des sciences humaines

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Edited By Bruno Frère and Sébastien Laoureux

Au fondement de cet ouvrage, un constat : les usages croissants de méthodes phénoménologiques en sciences humaines. Depuis plusieurs années en effet, émerge le souci, un peu partout dans les sciences humaines, de rompre avec des approches surplombantes du monde, des espaces, des sujets. Aujourd’hui, la phénoménologie semble être la perspective la plus pertinente pour répondre à cette exigence.
À travers le spectre de leur discipline (sociologie, anthropologie, psychiatrie, psychanalyse, géographie, théorie sociale), des praticiens exposent dans cet ouvrage en quoi ils revendiquent un point de vue et une approche proprement phénoménologiques face à des difficultés que les méthodes usuelles de leurs disciplines respectives ne parviennent pas à surmonter. Pour ce faire, ils ont à la fois recourt à la pratique en livrant des exemples concrets, des « terrains » et des « cas » bien spécifiques, et à la théorie, en exposant leurs univers théoriques de références et en privilégiant certains auteurs phénoménologues.

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Promesses et impasses sociologiques de la phénoménologie - Bruno FRÈRE et Sébastien LAOUREUX

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135 Promesses et impasses sociologiques de la phénoménologie Bruno FRÈRE et Sébastien LAOUREUX Fonds national de la recherche scientifique, Université de Liège, Sciences Po Paris / Université de Namur Du transcendantal à l’empirique Pour mener une interrogation sur le ou les types d’usages possibles de la phénoménologie en sociologie dans le cadre restreint de cette contribution, il convient de renoncer à tout souci d’exhaustivité et de délimiter avec précision la portée de notre chapitre. Trois thématiques vont s’emboîter. Tout d’abord, nous reconnaîtrons, comme beaucoup d’autres avant nous, que l’apport principal de celui que l’on présente comme le père de la sociologie phénoménologique, A. Schütz, fut sans conteste son apport épistémologique. En effet, c’est toute une nouvelle posture scientifique que la phénoménologie au sens large va inspirer à la sociologie, comme nous l’évoquerons avec la sociologie pragmatique. Mais dans un second temps, cette posture devra être éprouvée quant à son fond. Le projet de Schütz est rien moins que d’appliquer le transcen- dantal husserlien à l’empirique. Cette tentative est-elle simplement sociologiquement recevable ? Et, si elle ne l’est pas, cela invalide-t-il définitivement la possibilité d’une sociologie phénoménologique ? Nous montrerons que, en condamnant, à juste titre, la position transcendantale « pure » de Husserl, Schütz échoue cependant à penser la société grâce à la réduction phénoménologique, précisément parce qu’il conserve pour celle-ci une fin typiquement subjectiviste. Quoi qu’il...

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