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Le paradigme chrétien autour de 1800

L’exemple de Chateaubriand et des romantiques allemands

Diana Mite Colceriu

À situer dans le cadre d’une description du christianisme romantique, cette étude décrit les prédispositions et attitudes religieuses de Chateaubriand à deux moments décisifs de son parcours intellectuel et spirituel : l’exil en Angleterre et l’ Essai sur les révolutions (1797), puis le retour en France et le Génie du christianisme (1802).
L’analyse met en évidence les principes sur lesquels les positions de Chateaubriand sont établies et, pour y parvenir, fait appel au bagage théologique, historico-culturel et philologique qu’elles comportent. Cette application analytico-déductive a permis de configurer la mise en œuvre d’une certaine conscience chrétienne, les dispositions chrétiennes en France à la fin des Lumières, discernables dans l’apologétique esthétique et l’apologétique utilitariste, les types de Providence présents chez Chateaubriand, et de constater la mutation conceptuelle observable entre les deux ouvrages de ses débuts littéraires.
Ces résultats ont été confrontés à ce qui s’est manifesté, à la même période et dans le même domaine de préoccupations, dans l’espace allemand. Un réseau de similitudes est apparu entre l’apologiste français et d’autres romantiques : Schleiermacher, Hölderlin et Novalis. Tous semblent, en effet, participer d’un même Zeitgeist et traduire une forme mentale appartenant à un même paradigme intellectuel.

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Avant-propos

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Le christianisme de Chateaubriand représente un sujet d’intérêt pour des raisons qu’il semble à la fois raisonnable et utile de mentionner dans l’avant-propos de notre étude. Tout d’abord, une réflexion en profon- deur sur la pensée religieuse de l’apologiste français et sur ses rapports avec la religion du Christ dans les ouvrages les plus significatifs de ses débuts littéraires trouve sa justification si l’on tient compte du rôle fondamental de l’Essai sur les révolutions et du Génie du christianisme dans l’ensemble des productions littéraires ultérieures. Le catholicisme esthétique et social, porteur de valeurs qui constituent une base morale, philosophique et politique de l’espace européen, que Chateaubriand s’engage à défendre publiquement depuis 1802, se retrouve, sous des tonalités différentes, jusqu’en 1848, comme un fil non interrompu qui assure une certaine solidité au va-et-vient évoqué d’outre-tombe. Dans Les Martyrs (1809), il s’agit toujours, comme dans le Génie, de prouver la supériorité morale et poétique de la religion chrétienne sur les autres cultes du monde ; les Études historiques (1831) mettent en évidence « le fait dominateur » dans l’histoire de l’humanité, « la révolution géné- rale » qu’a été le christianisme, religion véritable, fondatrice d’un ordre social stable, favorable à la liberté humaine ; dans les Mémoires d’outre- tombe (1848), Chateaubriand présente la seule « solution à l’avenir », « le christianisme catholique », perceptible dans « tout acte de philan- thropie », « dans tout système que nous r...

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