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Jacques Laffitte

Roi des banquiers et banquier des rois

Virginie Monnier

Dans un monde où tous les banquiers sont ou ont été négociants et appartiennent à des dynasties parfois fort anciennes, Jacques Laffitte (1767–1844) fait figure d’outsider.
Fils d’un charpentier, il a certes bénéficié des bouleversements sociaux de son époque : il est le premier commis de banque de l’Histoire à avoir succédé directement à son patron, le célèbre Perregaux, tant à la tête de son établissement qu’au Conseil de Régence de la Banque de France ; mais – peut-être parce qu’aucune tradition ne l’entravait – il a su aussi envisager de manière radicalement nouvelle le métier de banquier, et proposer aux élites un regard insolemment novateur sur la gestion des finances publiques.
Son engagement politique découle de son libéralisme, mais là encore il se distingue : banquier de Napoléon qu’il n’aimait pas, opposé à Louis XVIII qui l’avait pourtant nommé gouverneur de la Banque de France, il porta sur le trône Louis-Philippe d’Orléans dont il devint très vite le plus farouche adversaire.
Enfin, en 1837, à 70 ans, avec la création de sa Caisse Générale du Commerce et de l’Industrie, il ouvrit la voie aux grands établissements de crédit tels que nous les connaissons aujourd’hui.

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DEUXIÈME PARTIE : ROI DES BANQUIERS ET BANQUIER DES ROIS

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DEUXIÈME PARTIE ROI DES BANQUIERS ET BANQUIER DES ROIS 97 CHAPITRE 10 Laffitte banquier de la famille royale. Banquier de l’État : l’emprunt de 1814. Gouverneur de la Banque de France. Banquier de Napoléon. Les Cent-Jours. La Conspiration du Nord Laffitte et Fouché. Laffitte face à Napoléon. Laffitte député du Commerce. Dans ses Mémoires, Jacques Laffitte reste évasif sur l’enchaînement des faits qui font de lui, en 1814, un homme incontournable. À l’en croire, il n’y est pour rien, tout s’est déroulé en dehors de lui et l’on ne saurait, sans médire, le comparer à tel ou tel de ses contemporains. Se rallier, trahir ? Quels méchants mots, surtout sous la plume d’un aïeul dont les petits-enfants sont aussi ceux du maréchal Ney ! Non, il n’a fait qu’être porté par la volonté souveraine du roi et de l’empereur et puis, surtout, par une popularité dont il n’explique pas l’origine, mais dont il est extrêmement flatté : Lorsque le 8 mai [1815], je fus nommé député par le collège électoral de Paris que je ne savais pas assemblé [...] j’étais déjà l’homme le plus popu- laire de France et cette popularité à travers les événements n’a fait que s’accroître depuis. De quoi s’agit-il ? On peut supposer qu’il fait allusion à son rôle dans le monde de l’industrie et du commerce, car pour lui comme pour beaucoup de ses contemporains, « la France », c’est Paris, d’où partent et où convergent les...

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