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Jacques Laffitte

Roi des banquiers et banquier des rois

Virginie Monnier

Dans un monde où tous les banquiers sont ou ont été négociants et appartiennent à des dynasties parfois fort anciennes, Jacques Laffitte (1767–1844) fait figure d’outsider.
Fils d’un charpentier, il a certes bénéficié des bouleversements sociaux de son époque : il est le premier commis de banque de l’Histoire à avoir succédé directement à son patron, le célèbre Perregaux, tant à la tête de son établissement qu’au Conseil de Régence de la Banque de France ; mais – peut-être parce qu’aucune tradition ne l’entravait – il a su aussi envisager de manière radicalement nouvelle le métier de banquier, et proposer aux élites un regard insolemment novateur sur la gestion des finances publiques.
Son engagement politique découle de son libéralisme, mais là encore il se distingue : banquier de Napoléon qu’il n’aimait pas, opposé à Louis XVIII qui l’avait pourtant nommé gouverneur de la Banque de France, il porta sur le trône Louis-Philippe d’Orléans dont il devint très vite le plus farouche adversaire.
Enfin, en 1837, à 70 ans, avec la création de sa Caisse Générale du Commerce et de l’Industrie, il ouvrit la voie aux grands établissements de crédit tels que nous les connaissons aujourd’hui.

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TROISIÈME PARTIE : L’HOMME DE POUVOIR

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TROISIÈME PARTIE L’HOMME DE POUVOIR 193 CHAPITRE 19 Fondation du National. Adresse des 221. Dissolution de la Chambre. Élections de juillet 1830. Riposte de Charles X, promulgation des Ordonnances. Protestation des journalistes (26 juillet). Destruction des presses des journaux parus sans autorisation, nomination de Marmont à la tête de la garnison de Paris, premiers rassemblements populaires. Retour de Laffitte à Paris (27 juillet). Insurrection de la capitale. Engagement de Laffitte. Délégation des députés libéraux auprès de Marmont. (28 juillet). Défection de deux régiments de ligne, victoire des insurgés sur les troupes royales. La Fayette à la tête de la Garde nationale. Élection d’une Commission municipale. Échec de la tentative de conciliation du roi (29 juillet). Les forces en présence sont alors clairement définies, même si, dans chaque camp, plusieurs courants s’affrontent. D’un côté, le ministère mené par Jules de Polignac, qui incarne le « parti de la Cour » et veut appuyer le pouvoir du roi sur l’aristocratie ; de l’autre, une opposition qui va de l’extrême gauche au centre droit, réunissant les républicains, la grande bourgeoisie et la noblesse libérale, les bonapartistes et la jeu- nesse qui s’identifie au mouvement romantique. Le Faubourg Saint-Germain considère le Palais-Royal comme « l’autre cour ». Le duc d’Orléans et sa famille, sans se présenter en rivaux des Bourbons, y reçoivent beaucoup et font du palais un lieu à la mode. Lors de grandes soirées mensuelles,...

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