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Le théâtre mauricien de langue française du XVIIIe au XXe siècle

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Maria Clara Pellegrini

Révélatrice des singularités historiques, comme des contradictions sociales, la production dramatique retient trop peu souvent l’attention des critiques. Tel n’est pas le cas des recherches menées par Maria Clara Pellegrini sur les littératures des îles francophones de l’Océan indien.
Parmi celles-ci, le cas de Maurice est singulier. Non contente de ne pas avoir abrité des populations antérieures au processus colonial, l’île qui portait au XVIII e siècle le nom d’Île de France, passa ensuite sous la tutelle britannique sans que ses élites et une partie de sa population abandonnassent le français.
D’Hortense de Céré-Barbé à Dev Virahsawmy en passant par Malcolm Chazal, deux siècles d’écriture théâtrale sont présentés dans ce livre limpide qui laisse découvrir à son lecteur le lent travail de maturation et de (ré)appropriation de l’héritage français à Maurice.
Un destin original qui confirme la dimension archipélagique de l’histoire de cette langue et de ses littératures.

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Limité à l’Orient par l’Australie, prolongé à l’Occident par l’isthme de Suez, l’océan Indien étend entre le tropique du Cancer et le tropique du Capricorne sa forme irrégulière que dessinent les reliefs africains, le rivage moyen-oriental, la péninsule indienne, la côte chinoise, l’Indonésie. Bien que la route des Indes ait été amplement fréquentée par les mar- chands médiévaux d’épices et de tissus, les pays qui le jouxtent, restés pour la plupart inexplorés jusqu’en 1600, furent condamnés à un certain oubli par la découverte des Amériques – terres vierges et sans limites qui semblaient offrir à la rapide invasion européenne la promesse de fabu- leuses richesses. Il fallut la soif de conquêtes qui s’empara de l’Europe au XVIIe siècle pour pousser à nouveau vers l’est le Portugal, la France, l’Angleterre et La Hollande, entraînant la colonisation de régions dont seules d’antiques légendes et d’exotiques récits conservaient la mémoire. Le franchissement du cap de Bonne-Espérance par Vasco de Gama1 avait certes donné une nouvelle impulsion à l’exploration et à la conquête de l’Orient, ainsi que de zones entières de l’océan Indien, inconnues des Européens mais parfaitement familières aux navigateurs arabes : Bouki, Quanbalu2 (Madagascar), Dina magarbim (l’île à l’ouest, La Réunion), Dina mozare3 (l’île à l’est, Maurice). Désertes et encore sauvages, les îles Mascareignes (Réunion, Maurice et Rodrigues) restèrent longtemps inhabitées. Elles avaient été néglig...

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