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Confiance réflexive et institutionnalisme

Des théories libérales du choix rationnel à la gouvernance du fait social monétaire

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Benjamin Six

Les sorties de crise économique se font sans réelle remise en question de l’efficacité du système néo-libéral. Ce dernier bénéficie en effet d’une puissante « confiance du marché », dont l’aspect routinier opère une incapacité institutionnelle de redéfinition démocratique de son programme. Mais la confiance, loin de n’être qu’un instrument de coordination et de stabilisation monétaire, est avant tout la preuve de l’indéfectibilité du lien social et de la primauté de son enjeu non économique. C’est toute la tension entre capitalisation et socialisation qui se donne à voir à travers l’étude de ce phénomène.
Cet ouvrage d’épistémologie politique présente une lecture critique, au travers du prisme de la confiance, du mouvement expansionniste de l’économie politique contemporaine, ainsi que des visions réductrices de l’acteur social et de son rapport aux institutions qu’elle véhicule. Par le biais d’une analyse du paradigme du « capital social », l’auteur décrit, en un premier temps, la façon dont est conçu le geste confiant par les théories de l’action collective établies sur les fondements individualistes du choix rationnel. En mobilisant des réflexions issues de la phénoménologie sociale, du mouvement anti-utilitariste et de l’économie des conventions, le second temps traite du potentiel réflexif offert par le dépassement d’une telle perspective institutionnaliste.

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DEUXIÈME PARTIE: VERS UNE CONFIANCE RÉFLEXIVE DANS LE CADRE DE L’INSTITUTIONNALISME MONÉTAIRE

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DEUXIÈME PARTIE VERS UNE CONFIANCE RÉFLEXIVE DANS LE CADRE DE L’INSTITUTIONNALISME MONÉTAIRE 105 CHAPITRE 4 De la routine à la réflexivité L’objectif de cette seconde partie consiste à analyser les potentialités offertes par le dépassement d’une approche purement rationaliste de la confiance. À cette fin, la première étape consistera à passer en revue les deux autres caractérisations majeures de la confiance mises en exergue par le théoricien néo-institutionnaliste Guido Möllering. Selon le cadrage intégratif de ce dernier, fortement influencé par les travaux séminaux sur la confiance du philosophe et sociologue Georg Simmel, la confiance se présente comme le moyeu d’une jante comprenant à la fois raison, routine et réflexivité, et dont la nature des rayons réside dans le principe de « suspension ». Dans ses travaux d’épistémologie sur la socialisation et la monnaie, Georg Simmel avança très tôt l’idée selon laquelle la confiance « réclame une certaine dose d’évaluation rationnelle, mais implique également un « saut », qui est un acte de foi excédant toute justification »1. L’heuristique de la roue employée par Möllering fait alors de cette image du leap of faith2 le processus essentiel à tout acte de confiance, en offrant aux individus une réponse face à l’incertitude radicale et la vulnérabilité générale des conditions : la suspension du questionnement et le « saut dans l’engagement »3 qui s’en suit consti- tuent alors à la fois les sources et les promesses d’un...

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