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Les Sagas dans les littératures francophones et lusophones au XXe siècle

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Marc Quaghebeur

Souvent rapprochée de l’épique alors qu’elle s’en différencie singulièrement, la Saga est passée dans le langage commun au point de se voir employée à tous vents, et souvent loin du sens originaire qui est le sien.
Ce volume entend interroger la permanence et les mutations de ce genre dans les champs littéraires francophones et lusophones du XX e siècle.
Il aborde en conséquence les métamorphoses du genre au contact de la société industrielle ; puis les translations qui s’imposent à l’heure de la reprise du module des Sagas par les mondes diasporiques ; enfin, l’alchimie qui voit la mémoire des vaincus s’en emparer également pour les lier à la permanence des dieux mânes.
Contrastes et contradictions de l’Histoire du XX e siècle se révèlent d’autant mieux dans les différents textes commentés dans ce livre qu’ils décalent tous ou réhabitent à frais nouveaux un genre qui plonge dans l’immémorial.

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L’identité diasporique

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137 Si c’est une saga… L’œuvre romanesque d’Albert Cohen Joseph BRAMI Université du Maryland (États-Unis) L’appellation générique saga, relative à l’œuvre de Cohen Si, selon Jean Blot, Albert Cohen aimait penser qu’il écrivait une « geste des Juifs »1, c’est néanmoins un autre terme générique, saga, évoquant lui aussi un mode légendaire de transcendance du réel, qui paraît avoir fini par constituer, en particulier ces dernières décennies, l’une des plus fréquentes identifications critiques génériques de son œuvre. De Marcel Pagnol, rendant compte de Solal en 1931, qui notait : ............................................................ 1 Une formulation hypothétique semble nécessaire à ce propos. En effet, si Jean Blot parle bien de la « volonté » de Cohen « d’écrire ce qu’il aimait à nommer “La geste des Juifs” », in Jean Blot, « Albert Cohen entre le roman et l’épopée », Repères, no 2, 1er trimestre 1982, Lausanne, p. 137, il faut néanmoins noter que dans un article publié quatorze ans plus tôt, il n’attribuait pas ce propos à Cohen avec cette même précision : « On a proposé pour titre à cette œuvre, la geste des Juifs, la geste de ce petit peuple qui s’est trouvé porté d’un même mouvement au pinacle et au pilori quand la civilisation régnante lui eut emprunté sa religion nationale », in Jean Blot, « Albert Cohen », NRF, no 32, décembre 1968, p. 796). De même plus tard, dans son Albert Cohen, Paris, Balland, 1986, Jean Blot...

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