Show Less

Micropolitiques de la biodiversité

Experts et professionnels de la nature

Series:

Céline Granjou

Depuis 20 ans la protection de la nature s’est réarticulée autour de l’idée de biodiversité : ce livre décrit cette transformation et analyse sa portée. Loin du militantisme et de la passion pour la faune et la flore, il montre qu’au tournant du XXI e siècle, la protection de la nature est devenue l’affaire de professionnels, de techniciens et d’experts dans l’exercice quotidien de leur métier. Basé sur une enquête sociologique approfondie, il décrit les tensions et les paradoxes des pratiques et des métiers des professionnels de la nature à l’heure de la gestion de la biodiversité. Car si la protection de la nature s’est affirmée autrefois comme une critique de la société technoscientifique, elle puise désormais résolument dans les répertoires du savoir, de la technologie et de l’expertise : la nature n’a jamais été autant suivie, gérée et étudiée, brouillant les frontières entre sauvage et domestique, naturel et artificiel. Pour autant, ni le cercle des experts ni le corps de techniques et de savoirs de la biodiversité ne sont définitivement fixés et figés. Ils sont au contraire en constante (co)construction. Partant d’une expérimentation de contraception de marmottes pour aboutir aux enjeux des nouvelles sciences de la biodiversité, cet ouvrage invite à un itinéraire buissonnier au cœur des micropolitiques de la biodiversité.

Prices

Show Summary Details
Restricted access

Conclusion

Extract

Micropolitiques et savoirs de la biodiversité Les transformations de la protection de la nature liées à la biodiversi- té impliquent un recours accru aux savoirs. Ces savoirs ne préexistent pas : ils sont produits par des chercheurs, en lien souvent étroit avec les gestionnaires, et expérimentés dans les territoires concernés. Ces dyna- miques de production de savoirs transforment les rapports entre les acteurs eux-mêmes, puisque les rapports entre protecteurs et exploitants agricoles notamment ne peuvent plus se comprendre seulement en termes d’affrontement d’idéologies ou de lobbies : ils sont informés par des dynamiques de production de preuves et de références techniques concernant la gestion des milieux naturels. Les savoirs n’impactent pas seulement les acteurs, leurs relations, leurs stratégies et leurs pratiques en tant qu’ils proposent des contenus nouveaux de connaissance, des preuves qui viendraient clore une con- troverse (par exemple celle qui oppose les promoteurs et les détracteurs des bénéfices de l’élevage pour la conservation de la biodiversité). C’est aussi leur dynamique même de production dans sa dimension concrète et quotidienne qui influence et modifie les configurations locales d’action collective, dans la mesure où les chercheurs travaillent en partie in situ, sur le terrain, et poursuivent des formes d’échange et de collabo- ration plus ou moins formalisées et pérennes avec les gestionnaires. Ces zones frontières entre recherche et gestion ne sont pas simplement productrices de nouveaux résultats au sens des revues...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.