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L’édition musicale à Bruxelles au XIXe siècle

L’exemple de la maison Schott frères

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Sandrine Thieffry

Ancrée au carrefour de tout l’univers musical, l’histoire de son activité éditoriale constitue l’indispensable cheville d’articulation d’une mécanique plus globale, qui est celle de l’histoire des idées et de l’histoire du goût. Par l’essence même de son rôle de passeur, l’édition de musique se frotta à peu près à tous les aspects de la res musicae : du phénomène créateur à sa réception sociale, en passant par les filières d’apprentissage, les modes d’interprétation et leurs multiples répercussions. Partant de pareil angle de vue, cet ouvrage met en lumière les relations qu’entretinrent avec le monde de la musique – sur un territoire considéré, celui de la Belgique naissante – les professionnels de l’édition, en particulier les fondateurs de la Maison Schott Frères, dont les archives privées ont été récemment mises au jour. Si d’aucuns ont dénoncé une certaine faiblesse esthétique de la musique belge du XIX e siècle – considération que l’on aura par ailleurs la sage courtoisie de tempérer –, ce qui nous aura intéressé ici, dans la foulée des travaux fondamentaux de Marie Cornaz sur le XVIII e siècle, c’est avant tout le vécu de la musique dans ses traces les plus fondamentales : ce qui motiva ceux qui la créèrent, l’interprétèrent, l’écoutèrent, et surtout la diffusèrent.

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Introduction

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Entre la fin du XVIIIe siècle et les premiers temps du XIXe, les pro- vinces belges avaient été soumises à l’autorité successive de l’Empire et de la République française d’abord, du royaume de Hollande ensuite, et les Pays-Bas autrefois autrichiens traversèrent ainsi une période de transition marquée par la fin de l’Ancien régime et la proclamation d’un nouvel État indépendant, économiquement fort et bien organisé sur les plans administratif, juridique et social. Tout au long de cette période qui prit fin au cours de l’été 1830, ce territoire fut donc en proie à de nom- breuses vicissitudes politiques liées aux dominations étrangères, qui ne furent pas sans provoquer des réactions de type « nationaliste ». Les éditeurs Schott frères qui seront abordés dans ces pages furent donc les spectateurs, sinon les acteurs, de la mise en place du nouvel État belge. Ceux-ci vécurent, en Belgique, les derniers instants de la domination hollandaise avant de diffuser La Brabançonne et autres chants patriotiques, de sorte qu’il nous semble judicieux, sinon indis- pensable, de rappeler certains des aspects de l’histoire au lendemain de la Révolution belge afin d’éclairer le contexte historique dans lequel ils évoluèrent, ce qui nous permettra d’aborder, à la fin de cet ouvrage, cette notion de sentiment national qui émerge au même instant. La naissance de la Belgique Au lendemain de la Révolution de 1830, laquelle eut raison de la présence hollandaise...

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