Show Less

L’édition musicale à Bruxelles au XIXe siècle

L’exemple de la maison Schott frères

Series:

Sandrine Thieffry

Ancrée au carrefour de tout l’univers musical, l’histoire de son activité éditoriale constitue l’indispensable cheville d’articulation d’une mécanique plus globale, qui est celle de l’histoire des idées et de l’histoire du goût. Par l’essence même de son rôle de passeur, l’édition de musique se frotta à peu près à tous les aspects de la res musicae : du phénomène créateur à sa réception sociale, en passant par les filières d’apprentissage, les modes d’interprétation et leurs multiples répercussions. Partant de pareil angle de vue, cet ouvrage met en lumière les relations qu’entretinrent avec le monde de la musique – sur un territoire considéré, celui de la Belgique naissante – les professionnels de l’édition, en particulier les fondateurs de la Maison Schott Frères, dont les archives privées ont été récemment mises au jour. Si d’aucuns ont dénoncé une certaine faiblesse esthétique de la musique belge du XIX e siècle – considération que l’on aura par ailleurs la sage courtoisie de tempérer –, ce qui nous aura intéressé ici, dans la foulée des travaux fondamentaux de Marie Cornaz sur le XVIII e siècle, c’est avant tout le vécu de la musique dans ses traces les plus fondamentales : ce qui motiva ceux qui la créèrent, l’interprétèrent, l’écoutèrent, et surtout la diffusèrent.

Prices

Show Summary Details
Restricted access

Chapitre VII. Les moyens publicitaires

Extract

209 CHAPITRE VII Les moyens publicitaires Commercialiser une œuvre musicale suppose l’existence d’une clien- tèle potentielle bien renseignée et favorablement disposée à une dé- marche d’acquisition, à charge à l’éditeur de lui assurer l’audience la plus large possible, ce qui implique un développement concomitant des moyens d’information via la presse (et donc la publicité) et les cata- logues de vente. La presse générale Les éditeurs ont à leur disposition plusieurs supports de diffusion, à commencer par la presse générale, celle qui s’occupe du quotidien des citoyens, qu’il s’agisse du politique, du social ou ici du culturel, qui traite donc également de musique. La presse générale, par le truchement des comptes rendus et des annonces, s’adresse à une clientèle élargie constituée principalement d’une bourgeoisie citadine de langue fran- çaise, dont les membres revendiquent les valeurs laïques et familiales d’une éducation et d’une culture communes. Pour ce qui concerne l’aspect qualitatif de ces publications, notons que plusieurs musiciens de renom ont collaboré à la rédaction des principaux journaux de l’époque : Édouard Fétis1 pour L’Indépendance belge ; Théodore Jouret2 pour L’Écho du Parlement et L’Office de publicité ; Félix Coveliers3 pour L’Étoile belge ; le chevalier Xavier van 1 Édouard Fétis (1812-1909) est le fils aîné de François-Joseph. De 1827 à 1833, il seconde son père dans la gestion de la Revue musicale à Paris. À Bruxelles, il épouse une carrière de critique musical et de critique des...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.