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L’édition musicale à Bruxelles au XIXe siècle

L’exemple de la maison Schott frères

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Sandrine Thieffry

Ancrée au carrefour de tout l’univers musical, l’histoire de son activité éditoriale constitue l’indispensable cheville d’articulation d’une mécanique plus globale, qui est celle de l’histoire des idées et de l’histoire du goût. Par l’essence même de son rôle de passeur, l’édition de musique se frotta à peu près à tous les aspects de la res musicae : du phénomène créateur à sa réception sociale, en passant par les filières d’apprentissage, les modes d’interprétation et leurs multiples répercussions. Partant de pareil angle de vue, cet ouvrage met en lumière les relations qu’entretinrent avec le monde de la musique – sur un territoire considéré, celui de la Belgique naissante – les professionnels de l’édition, en particulier les fondateurs de la Maison Schott Frères, dont les archives privées ont été récemment mises au jour. Si d’aucuns ont dénoncé une certaine faiblesse esthétique de la musique belge du XIX e siècle – considération que l’on aura par ailleurs la sage courtoisie de tempérer –, ce qui nous aura intéressé ici, dans la foulée des travaux fondamentaux de Marie Cornaz sur le XVIII e siècle, c’est avant tout le vécu de la musique dans ses traces les plus fondamentales : ce qui motiva ceux qui la créèrent, l’interprétèrent, l’écoutèrent, et surtout la diffusèrent.

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Chapitre IX. Le répertoire

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277 CHAPITRE IX Le répertoire On peut, de façon schématique, considérer que le catalogue des édi- teurs de musique bruxellois est constitué, du moins pour les deux pre- miers tiers du XIXe siècle, d’un fonds homogène dont les qualités artistiques et esthétiques sont quelque peu limitées. Rares sont en effet les œuvres alors éditées à Bruxelles qui ont surmonté avec succès l’épreuve du temps. Cette carence n’est cependant pas due à la seule responsabilité de l’éditeur. La brutale démocratisation même de la culture porte dans ce phénomène une lourde responsabilité. Si l’on part en effet du principe que l’éditeur musical est un commerçant qui s’attache avant tout à répondre à la demande d’une clientèle, on constate que celle-ci privilégiait alors en premier lieu un répertoire de salon qui s’inspirait de l’opéra et dont les œuvres pour orchestre étaient quasiment absentes, de même plus encore que les ouvrages lyriques publiés dans leur intégralité, car ces derniers faisaient en règle générale l’objet de réductions et autres arrangements pour instruments solistes, lesquels étaient sporadiquement associés à un autre instrument ou à la voix. Faisons fi du chauvinisme donc : au crépuscule de l’année 1830, la situation musicale du pays tout entier semble baigner dans une confor- table médiocrité. Les plus grands talents se sont expatriés, les maîtrises religieuses se sont éteintes avec l’Ancien...

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