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Francophonies d’Europe, du Maghreb et du Machrek

Littératures & libertés

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Marc Quaghebeur

Travailler la question des Francophonies autour des pays concernés de ce que fut le Mare Nostrum des Romains et interroger les chemins des littératures francophones comme espace potentiel d’invention des libertés sont à l’origine de ce livre, conçu dans le cadre des festivités du quarantième anniversaire de la création du Parlement des Francophones de Belgique. Si ces questions avaient été abordées foncièrement plus tôt, ceux qui, dans les pays du Maghreb et du Machrek, se sont levés pour leur liberté et leur dignité eussent peut-être disposé d’armes plus affûtées.
Ce volume, qui s’attache aux analyses des situations sociopolitiques du Maghreb et du Machrek, comporte en outre des témoignages d’écrivains pris dans leurs complexités linguistiques et culturelles. Il développe enfin des réflexions sur les questions posées par l’enseignement et la prise en compte réelle des littératures francophones des pays concernés.
Tout sauf exhaustif, ce volume, qui relaie les propos d’un colloque conçu avant les « Printemps arabes », entrouvre des perspectives sur un contexte historique en mouvement, qui est notamment le fruit du fait francophone.
Ce que racontent, à partir de leur entre-deux (trois) langues et cultures, les écrivains, rappelle les ressorts profonds et toujours non univoques de la création. Chacun montre bien pourquoi les littératures francophones sont aujourd’hui porteuses de nombreux possibles de la langue française.

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Des écrivains parlent

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89 Écrire en français Rafik BEN SALAH Écrivain, professeur de langue et littérature françaises à Moudon (Suisse) D’abord, dire. Bien plus qu’en ces temps de l’image souveraine, nous avons été nourris de mots. Des contes et des légendes, des fables et des fabulations nous ont été servis tout au long de nos soirées. Nous avons vécu les heurs et les malheurs en mots, que nous avons transformés en images, heu- reuses ou douloureuses, mais des images qui étaient devenues nôtres, uniques au monde, incomparables les unes aux autres, et c’étaient nos biens. Des mots dits, jamais écrits. Des mots qui ne connaissaient pas la fixité de l’écrit, et c’étaient des mots mobiles, malléables et corvéables à merci, que nous nous passions sans jamais renâcler. Mais lorsque la vie s’est mise à trembler, lorsque les séismes nous l’ont rendue sinistrée, il a bien fallu tenter d’en obtenir la fixité, au lieu que la mobilité les emportait. Des mots à arrêter pour parvenir à quelque stabilité. Jusque-là, nous nous étions contentés de dire. Maintenant que l’âge adulte, l’âge achevé, avait consacré le sinistre, l’écrit pouvait prendre le relais. L’on s’y résout, sachant assurément la vanité de l’entreprise, mais aussi sa souveraineté. Car écrire équivaut, croit-on, à la toute puissance, tout au moins, sur du papier. Quelle meilleure illusion contre notre lamentable finitude ? Pour ma part, lorsqu’il a fallu recourir à l’écrit, une entreprise néces-...

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