Show Less

Jacques Chevalier (1882–1962) et la philosophie française

Jean-François Petit

Brillant agrégé de philosophie à 21 ans, Jacques Chevalier a contribué, plus que tout autre, au rayonnement de la pensée française dans l’entre-deux guerres. Bon connaisseur de Platon et Aristote, disciple de Bergson, il va parcourir toute l’Europe pour faire connaitre Maine de Biran, Pascal et Descartes, tout en s’intéressant de près à la mystique.
Son travail sans précédent d’historien de la philosophie reste encore à découvrir, moins pour son engagement politique discutable que la profondeur de son travail d’historien de la philosophie.

Prices

Show Summary Details
Restricted access

Le Champ De Recherche Initial

Extract

53 Philosophie et théologie dans le geste initial d’un philosophe Dans ses Entretiens avec Bergson, Chevalier rapporte à propos des Deux sources : Je viens de montrer aux philosophes qu’il existe une certaine expérience, dite mystique, à laquelle ils doivent en tant que philosophes, faire appel, ou au moins tenir compte1. Bien avant 1932, Chevalier et Bergson comprennent l’importance de la mystique. Ils veulent, par son étude, réduire l’écart entre la philosophie et la théologie. Pourtant, cette réorientation ne va se mettre en place que progressivement. En effet, dans la séance du 2 mai 1901 à la Société fran- çaise de philosophie, Bergson déclare déjà : Si l’on entend par mysticisme comme on le fait presque toujours aujourd’hui une réaction de défense contre la science positive, la doctrine que je défends n’est d’un bout à l’autre qu’une protestation contre le mysticisme, puisqu’elle se propose de rétablir un point entre métaphysique et science. Que maintenant on entende par mysticisme un certain appel à une vie intérieure et profonde, alors toute philosophie est mystique2. On voit bien l’un des deux fronts sur lesquels les deux hommes devront lutter : l’ouverture des philosophes patentés à la question de la mystique. Pourtant, pour l’appréhender correctement, il leur fallait une méthode. La première thèse de Chevalier, en ce sens, doit être considérée comme une tentative d’ordonner les connaissances en vue de mieux com- prendre les phénomènes mystiques, à partir d’un...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.