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Les zouaves pontificaux en France, en Belgique et au Québec

La mise en récit d’une expérience historique transnationale (XIXe – XXe siècles)

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Edited By Bruno Dumons and Jean-Philippe Warren

Le bataillon des zouaves pontificaux est créé le 1er janvier 1861 et devient régiment au 1 er janvier 1867. Il est constitué d’environ 10 000 volontaires, issus de 25 nationalités différentes, qui seront licenciés le 21 septembre 1870.
Une fois le conflit terminé, de nombreuses associations d’anciens zouaves sont créées au retour des soldats et des journaux liés à ces associations sont fondées. Des rassemblements et des réunions cherchent à perpétuer le souvenir des faits d’armes des combattants démobilisés tandis que plusieurs monuments en célèbrent l’héroïsme.
Un véritable imaginaire prend forme à la fin du XIX e siècle. Appartenant à cette internationale « blanche », d’essence contre-révolutionnaire, les anciens volontaires élaborent le mythe du croisé moderne, du martyre et du héros catholique. C’est ici l’imaginaire construit autour des zouaves pontificaux que ce livre se propose d’explorer. Il entend poser des jalons pour mieux comprendre la structuration des réseaux de zouaves, leur idéal de chrétienté, leur description d’un « croisé du Christ », leur identité comme groupe et leur quête de légitimité religieuse et sociale, voire politique.

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Combattre pour Rome

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21 Documents et souvenirs romains des zouaves pontificaux matteo sanFiliPPo À Rome, s’écrie la Révolution frémissante� À Rome ! répond avec une ardeur égale la jeunesse catholique1� En 1881, Charles-Edmond Rouleau (1841-1926), journaliste et ancien sous-officier aux zouaves pontificaux, ouvre son livre sur ses deux ans passés à Rome spécifiant : On me dira peut-être : « Voilà encore un livre sur Rome ; il y en a pour- tant assez ». J’avoue qu’un nombre incalculable d’écrivains […], ont parlé de Rome ; mais je suis le conseil du très regretté et très illustre évêque de Poitiers, Mgr Pie, […] : « Ce qu’on dit avec raison de la Mère de Dieu ; De Maria numquam satis, on peut le dire de la cité de Rome : De Roma numquam satis ». Rome n’est pas encore connue et elle ne le sera jamais. C’est un tré - sor que les savants mêmes ne peuvent épuiser . Rome renferme l’histoire de l’Église catholique, de tous les saints et de tous les martyrs. Rome enfin, c’est la plus grande merveille du monde entier2. Ses mémoires de zouave sont donc un hommage à la Ville Éternelle, la ville dont on n’écrit jamais assez. En tant qu’hommage, nous pouvons les replacer dans un sous-genre littéraire québécois (et européen) particulier, le récit du voyage à Rome3. Toutefois, dans le texte de Rouleau, il y a 1 Charles cartuyvels, Éloge funèbre des zouaves pontificaux morts pour la défense du Saint-Siège en 1867...

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