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Regards croisés sur la banlieue

Edited By Juliet Carpenter and Christina Horvath

Les banlieues populaires occupent une place particulière dans l’imaginaire français contemporain. Depuis les années 1980, elles se voient progressivement assignées à des images stéréotypées et des identités négatives qui reflètent avant tout les peurs des classes dominantes. Nombreux sont les médias, les politiques et mêmes les chercheurs qui tendent à remettre en cause l’appartenance des banlieues à l’espace commun, contribuant ainsi à l’écart qui les sépare du reste de la société.
Les textes rassemblés dans ce volume s’efforcent à faire entendre les voix et préoccupations authentiques des résidents des « cités sensibles ». Comment débarrasser les banlieues des stigmates qui les enferment ? Comment saisir leur complexité et les multiples facettes de leur réalité ? Comment relever le défi qu’elles posent, développer leur potentiel et saisir les opportunités qu’elles offrent ?
Ce volume collectif fait appel aux spécialistes d’une dizaine de disciplines pour explorer la manière dont les banlieues sont représentées dans les discours publics, la culture populaire et les arts. Rassembler les résultats des dernières recherches dans une quinzaine de chapitres accompagnés de bibliographies détaillées et inviter le lecteur à repenser les enjeux de la ville du demain, telles sont les principales ambitions de cet ouvrage.

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II. Les banlieues – Lieux discursifs

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91 De l’exclusion à la « guerre » Les émeutes de 2005 et 2010 dans la presse française Isabelle garCin-Marrou Sciences Po Lyon, Elico Clichy-sous-Bois  en 2005,  le quartier de  la Villeneuve à Grenoble  en 2010 : deux lieux et deux moments d’irruption fortement médiatisée  de violences dites « urbaines » ; deux événements ayant mobilisé une  attention à la fois publique, politique et médiatique ; deux crises dans  lesquelles les réactions et décisions politiques ont cherché à réaffirmer  la primauté de l’ordre et de la sécurité, et ont engendré des actes et des  discours à la tonalité plutôt martiale. Le premier événement aboutit ainsi  à  l’instauration  de  l’état  d’urgence  par  le  président  de  la  République  Jacques Chirac  le  8  novembre  2005  ;  le  second  événement  amène  le  président de  la République Nicolas Sarkozy à  tenir,  le 30  juillet 2010,  son fameux « discours de Grenoble » dans lequel il déclare notamment : «  c’est  donc  une  guerre  que  nous  avons  décidé  d’engager  contre  les  trafiquants et les délinquants »1. Les deux événements s’inscrivent par ailleurs dans une succession de  crises fortement médiatisées depuis les années 1980, où la jeunesse des  quartiers dits «  sensibles »  s’affronte aux  forces de  l’ordre et au cours  desquelles  la  Nation  semble  redécouvrir  les  problèmes  de  relégation  économique, politique et sociale que vivent les habitants de ces quartiers. Depuis  les  années  1980,  par  ailleurs,  de  très  nombreux  travaux ont  été consacrés aux banlieues et...

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