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La littérature obstinée

Le roman chez Juan José Saer, Ricardo Piglia et Roberto Bolaño

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Andrea Perdigón Torres

Une idée particulière de littérature est née au cours des XVIII e et XIX e siècles, période qui coïncide avec la naissance du genre romanesque moderne. L’émergence d’un roman moderne, issu des transformations de l’époque, configure un champ virtuel de caractéristiques qui a marqué aussi bien la théorie littéraire du XX e siècle que la production de textes.
Cet ouvrage présente une étude comparative des poétiques de Juan José Saer, Ricardo Piglia et Roberto Bolaño afin de questionner, d’un point de vue théorique, la vitalité de cette idée de roman moderne et, par voie de conséquence, de la notion même de littérature qu’elle suppose.
Puisant dans le contenu des essais et des entretiens de ces auteurs hispanoaméricains majeurs, l’analyse des formes narratives, réflexives et hybrides de trois de leurs romans ( La grande, La ciudad ausente et 2666) révèle chez eux la présence des traits principaux du roman moderne que le présent ouvrage examine en profondeur : l’indétermination, la réflexivité et l’expérience.

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I. L’indétermination

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27 I. L’indétermination 1. Le roman en tant que genre indéterminé Souvent caractérisé comme un genre multiple, hybride, « révolution- naire et bourgeois, et démocratique par choix » (Robert 1972 : 14), le roman semble échapper aux efforts de définition et à la fois bénéficier d’une sorte de liberté absolue en ce qui concerne ses formes. Selon Marthe Robert, dans Roman des origines et origines du roman (1972) : Avec cette liberté du conquérant dont la seule loi est l’expansion indéfinie, le roman, qui a aboli une fois pour toutes les anciennes castes littéraires – celles des genres classiques –, s’approprie toutes les formes d’expression, exploite à son profit tous les procédés sans même être tenu d’en justifier l’emploi (1972 : 14). Cette liberté est perçue à partir de la comparaison entre le roman moderne et les genres classiques qui le précèdent, étant donné que le genre romanesque peut intégrer plusieurs registres linguistiques et, même, divers genres littéraires : De la littérature, le roman fait rigoureusement ce qu’il veut : rien ne l’empêche d’utiliser à ses propres fins la description, la narration, le drame, l’essai, le commentaire, le monologue, le discours ; ni d’être à son gré, tour à tour ou simultanément, fable, histoire, apologue, idylle, chronique, conte, épopée ; aucune prescription, aucune prohibition ne viennent le limiter dans le choix d’un sujet, d’un décor, d’un temps, d’un espace ; le seul interdit auquel il se soumette en général, celui...

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