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La littérature obstinée

Le roman chez Juan José Saer, Ricardo Piglia et Roberto Bolaño

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Andrea Perdigón Torres

Une idée particulière de littérature est née au cours des XVIII e et XIX e siècles, période qui coïncide avec la naissance du genre romanesque moderne. L’émergence d’un roman moderne, issu des transformations de l’époque, configure un champ virtuel de caractéristiques qui a marqué aussi bien la théorie littéraire du XX e siècle que la production de textes.
Cet ouvrage présente une étude comparative des poétiques de Juan José Saer, Ricardo Piglia et Roberto Bolaño afin de questionner, d’un point de vue théorique, la vitalité de cette idée de roman moderne et, par voie de conséquence, de la notion même de littérature qu’elle suppose.
Puisant dans le contenu des essais et des entretiens de ces auteurs hispanoaméricains majeurs, l’analyse des formes narratives, réflexives et hybrides de trois de leurs romans ( La grande, La ciudad ausente et 2666) révèle chez eux la présence des traits principaux du roman moderne que le présent ouvrage examine en profondeur : l’indétermination, la réflexivité et l’expérience.

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II. L’expérience

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115 II. L’expérience 1. Le rapport entre l’expérience et le roman L’opposition courante entre la réalité et l’art, ou entre la vie et l’art, et l’aspiration à trouver entre eux quelque lien essentiel, est parfaitement légitime, mais nécessite une formulation scientifique plus précise. Mikhaïl Bakhtine, Esthétique et théorie du roman Outre l’indétermination traitée dans le chapitre précédent, le roman moderne a été fréquemment associé aussi à une notion d’expérience, que nous interrogerons tout au long de ce chapitre. Il sera donc question d’étudier ce rapport entre le roman et l’expérience, en le considérant comme le deuxième trait fondamental de l’idée de roman moderne que nous estimons active dans les trois auteurs qui nous occupent. Parmi les définitions les plus courantes de ce rapport, nous pouvons distinguer deux pôles d’interprétation : le premier pôle est celui qu’on appellera de la « représentation », c’est-à-dire celui selon lequel nous pouvons trouver une représentation de l’expérience du monde réel à l’intérieur du roman. Dans cet ordre d’idées, le roman représente de façon privilégiée l’expérience moderne, se voyant ainsi indissolublement lié à une notion d’expérience entendue comme la vie des individus dans les sociétés modernes. Le deuxième pôle interprète la relation de façon quelque peu différente, étant donné que le roman est considéré comme faisant partie...

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