Show Less

Quand le social vient au sens

Philosophie des sciences historiques et sociales

Series:

Johann Michel

Quand le social vient au sens ouvre un dialogue novateur entre philosophie et sciences sociales et historiques, à la croisée de la tradition socio-phénoménologique héritée de l’œuvre pionnière de Schütz et de la tradition herméneutique de Dilthey à Ricœur. Un même fil conducteur parcourt la trame du livre : seule la « voie longue » de l’herméneutique, en reconnaissant la doublure de l’acte d’interpréter (à la fois comme pratique ordinaire au plan anthropologique et comme activité scientifique au plan épistémologique), peut se coordonner avec les réquisits d’une sociologie phénoménologique du monde-de-la-vie. L’ouvrage offre, sous ce cadre, toute une palette de réflexions qui concernent aussi bien l’épistémologie de l’histoire que la sociologie des institutions et l’anthropologie sociale du soi. Dans ce mouvement de va-et-vient entre réflexivité sur les sciences humaines et réflexivité des agents ordinaires sur leurs actions, l’auteur confronte en même temps l’herméneutique avec d’autres auteurs (Weber, Goffman, Foucault, Boltanski, Strawson, etc.) et autant de traditions correspondantes (positivisme, sociologies pragmatistes et pragmatiques, philosophie analytique).

Prices

Show Summary Details
Restricted access

Première Partie : Aller et retour vers la science historique

Extract

Première Partie aller et retour vers la science historique 23 Chapitre 1 La science historique et la Rückfrage1 Si Ricœur est largement reconnu aujourd’hui comme étant, avec Levinas et Sartre, l’un des premiers introducteurs de Husserl en France, notamment du fait de sa traduction des Ideen2, s’il a été formé précocement à la méthode phénoménologique dont témoignent ses premières œuvres publiées3, il serait faux de considérer qu’il aurait abandonné ses premières leçons husserliennes dans la suite de sa trajectoire philosophique. Tout l’art de la dialectique ricœurienne, mais aussi toute sa difficulté, consiste à enrichir cette matrice phénoménologique originaire de méthodes et de paradigmes qui lui demeurent initialement étrangers. Cet art de la dia- lectique se traduit en art de la confrontation lorsque le philosophe met la phénoménologie à l’épreuve de la psychanalyse, de l’herméneutique, de la sémantique de l’action, des neurosciences. On peut dire en ce sens que la phénoménologie ricœurienne s’est progressivement constituée par une série de confrontations, au point d’apparaître comme une « phénoméno- logie impure », sans cesse travaillée par ses « autres ». Cet art de la confrontation, qui marque assurément la signature de la philosophie ricœurienne, a été rendu possible par une mise à distance fondatrice de la version idéaliste de la phénoménologie qui converge dans la conviction séminale selon laquelle « le sujet n’est pas le...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.