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Guerre et Paix

Une destinée européenne ?

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Edited By Sylvain Schirmann

Les expériences communes des Européens conduisent-elles à une « européanisation des consciences » ? L’amorce d’un processus de construction européenne au XXe siècle, et notamment après 1945, s’est nourrie d’un narratif mettant en valeur l’apport de ce processus à la paix, au développement socio-économique et à l’enracinement démocratique. Ce narratif est présent dans l’ensemble des discours et décliné à travers des adaptations nationales dans la majeure partie des États membres de l’UE. En panne aujourd’hui, il mérite d’être interrogé. Ne favorise-t-il pas des « mémoires concurrentes », rendent difficile l’émergence de lieux de mémoire européens ? Compte tenu, justement, de certains événements mémoriels : centenaire de la Grande Guerre, soixantième anniversaire du déclenchement de la guerre d’Algérie, conférence de Genève de 1954 qui scelle la fin de la première guerre d’Indochine, échec de la CED en 1954 qui lance le processus de réarmement de l’Allemagne, les auteurs des contributions réunies dans ces actes réfléchissent à la thématique de la destinée européenne, autour de trois axes : les conflits européens (ces « guerres civiles européennes »), les victimes, et les processus de pacification.
Ce volume se veut un hommage rendu à l’œuvre de l’homme qui, dans les murs de sa maison de Scy-Chazelles, a réfléchi à la paix européenne. Il voudrait ainsi permettre le dépassement de cette classique destinée européenne évoquée par le titre de la manifestation.

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« Guerre et paix : une destinée européenne ? » Lorsque le Conseil scientifique de la maison de Robert Schuman s’était penché sur le thème du colloque de 2014, il avait initialement envi- sagé d’aborder la question sous l’angle des lieux de mémoire. Au point de départ, il voulait se situer dans la logique des réflexions de Pierre Nora, si fécondes dès lors qu’il s’agit d’aborder ce qui intrinsèquement lie une nation. Étienne François, a dans un passé plus proche, livré un certain nombre de réflexions sur les lieux de mémoires européens. De lieux phy- siques aux lieux symboliques, les pistes ouvertes sont stimulantes. Notre propos est dès lors de savoir si les expériences communes des Européens conduisent à une « européanisation des consciences ». L’amorce d’un processus de construction européenne au XXe siècle, et notamment après 1945, s’est nourrie d’un narratif mettant en valeur l’apport de ce proces- sus à la paix, au développement socio-économique et à l’enracinement démocratique. Ce narratif est présent dans l’ensemble des discours et décliné à travers des adaptations nationales dans la majeure partie des États membres de l’UE. En panne aujourd’hui, il mérite d’être interrogé. Ne favorise-t-il pas des « mémoires concurrentes » qui rendent difficile l’émergence de lieux de mémoire européens ? Compte tenu justement de certains événements mémoriels : centenaire de la Grande Guerre, soixantième anniversaire du déclenchement de la...

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