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Guerre et Paix

Une destinée européenne ?

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Edited By Sylvain Schirmann

Les expériences communes des Européens conduisent-elles à une « européanisation des consciences » ? L’amorce d’un processus de construction européenne au XXe siècle, et notamment après 1945, s’est nourrie d’un narratif mettant en valeur l’apport de ce processus à la paix, au développement socio-économique et à l’enracinement démocratique. Ce narratif est présent dans l’ensemble des discours et décliné à travers des adaptations nationales dans la majeure partie des États membres de l’UE. En panne aujourd’hui, il mérite d’être interrogé. Ne favorise-t-il pas des « mémoires concurrentes », rendent difficile l’émergence de lieux de mémoire européens ? Compte tenu, justement, de certains événements mémoriels : centenaire de la Grande Guerre, soixantième anniversaire du déclenchement de la guerre d’Algérie, conférence de Genève de 1954 qui scelle la fin de la première guerre d’Indochine, échec de la CED en 1954 qui lance le processus de réarmement de l’Allemagne, les auteurs des contributions réunies dans ces actes réfléchissent à la thématique de la destinée européenne, autour de trois axes : les conflits européens (ces « guerres civiles européennes »), les victimes, et les processus de pacification.
Ce volume se veut un hommage rendu à l’œuvre de l’homme qui, dans les murs de sa maison de Scy-Chazelles, a réfléchi à la paix européenne. Il voudrait ainsi permettre le dépassement de cette classique destinée européenne évoquée par le titre de la manifestation.

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Au-dessus de la mêlée ? (Charles Barthel)

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35 Au-dessus de la mêlée ? La mémoire collective de la solidarité transnationale vue à travers l’exemple de la Croix-Rouge luxembourgeoise pendant et après la Grande Guerre Charles Barthel Alors que les « prodigues de charité » offerts pendant la guerre de 1870/71 par le « Comité central de secours aux militaires blessés sans distinction de nationalité » ont été littéralement bannis de la mémoire collective des Luxembourgeois, ceux-ci sont néanmoins prompts à réa- gir quand, une génération plus tard, l’Europe s’enfonce une fois de plus dans un conflit majeur. Dès les premiers jours du mois d’août 1914, ils s’empressent en effet de (re)constituer une société de Croix-Rouge prête à accueillir les victimes des deux camps adverses. Comme une quaran- taine d’années auparavant, leur élan de solidarité répond bien sûr à la volonté sincère d’assister des personnes en danger. La « manifestation caractéristique des sentiments de générosité » est d’ailleurs d’autant plus marquée qu’elle est également « l’expression du bonheur » qu’éprouve une population foncièrement pacifiste « en se voyant épargné[e] par ce terrible fléau de la guerre […]. Les habitants de notre pays sentent inti- mement que leur position privilégiée leur impose des devoirs à remplir vis-à-vis de leurs voisins malheureux, et ils entendent s’en acquitter », sans rechigner. Comme en 1870, l’idée sous-jacente de la « touchante leçon de fra- ternité silencieusement donnée à deux grands peuples qui s’égorgent » n’est toutefois pas...

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