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Guerre et Paix

Une destinée européenne ?

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Edited By Sylvain Schirmann

Les expériences communes des Européens conduisent-elles à une « européanisation des consciences » ? L’amorce d’un processus de construction européenne au XXe siècle, et notamment après 1945, s’est nourrie d’un narratif mettant en valeur l’apport de ce processus à la paix, au développement socio-économique et à l’enracinement démocratique. Ce narratif est présent dans l’ensemble des discours et décliné à travers des adaptations nationales dans la majeure partie des États membres de l’UE. En panne aujourd’hui, il mérite d’être interrogé. Ne favorise-t-il pas des « mémoires concurrentes », rendent difficile l’émergence de lieux de mémoire européens ? Compte tenu, justement, de certains événements mémoriels : centenaire de la Grande Guerre, soixantième anniversaire du déclenchement de la guerre d’Algérie, conférence de Genève de 1954 qui scelle la fin de la première guerre d’Indochine, échec de la CED en 1954 qui lance le processus de réarmement de l’Allemagne, les auteurs des contributions réunies dans ces actes réfléchissent à la thématique de la destinée européenne, autour de trois axes : les conflits européens (ces « guerres civiles européennes »), les victimes, et les processus de pacification.
Ce volume se veut un hommage rendu à l’œuvre de l’homme qui, dans les murs de sa maison de Scy-Chazelles, a réfléchi à la paix européenne. Il voudrait ainsi permettre le dépassement de cette classique destinée européenne évoquée par le titre de la manifestation.

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Genève, lieu de paix et de réconciliation entre Européens dans les années 1920 (Antoine Fleury)

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85 Genève, lieu de paix et de réconciliation entre Européens dans les années 1920 Antoine Fleury À la fin du premier conflit mondial, Genève jouit d’une solide et déjà ancienne­réputation­de­ville­de­paix­;­elle­avait­servi­de­point­de­rallie- ment­ aux­ pacifistes­ de­ divers­ pays­ depuis­ des­ décennies­ ;­ elle­ était­ le­ siège du Comité international de la Croix-Rouge dont les prestations au service des victimes de la guerre de tous les camps lui avaient procuré un prestige considérable. C’est d’ailleurs en faisant référence à cette voca- tion humanitaire, pratiquée avec impartialité durant les hostilités, que les auteurs des traités de paix en 1919 ont proposé que Genève soit le siège de­la­nouvelle­organisation­de­la­Paix,­la­Société­des­Nations­;­Genève­ fut ainsi reconnue comme « Capitale de la Paix ». Très rapidement, elle allait donner naissance au concept d’esprit de Genève. Ce dernier s’est nourri de l’idée que les rapports entre les hommes, les sociétés et les États doivent et peuvent être régis par des principes simples et clairs que la raison humaine peut proposer en vue d’établir des solutions équilibrées, justes, équitables aux problèmes de tous ordres et aux revendications exprimées par les uns et les autres. L’esprit de Genève, c’est le rejet du recours à la force, mais c’est aussi le refus de la passion qui trop souvent...

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