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Guerre et Paix

Une destinée européenne ?

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Edited By Sylvain Schirmann

Les expériences communes des Européens conduisent-elles à une « européanisation des consciences » ? L’amorce d’un processus de construction européenne au XXe siècle, et notamment après 1945, s’est nourrie d’un narratif mettant en valeur l’apport de ce processus à la paix, au développement socio-économique et à l’enracinement démocratique. Ce narratif est présent dans l’ensemble des discours et décliné à travers des adaptations nationales dans la majeure partie des États membres de l’UE. En panne aujourd’hui, il mérite d’être interrogé. Ne favorise-t-il pas des « mémoires concurrentes », rendent difficile l’émergence de lieux de mémoire européens ? Compte tenu, justement, de certains événements mémoriels : centenaire de la Grande Guerre, soixantième anniversaire du déclenchement de la guerre d’Algérie, conférence de Genève de 1954 qui scelle la fin de la première guerre d’Indochine, échec de la CED en 1954 qui lance le processus de réarmement de l’Allemagne, les auteurs des contributions réunies dans ces actes réfléchissent à la thématique de la destinée européenne, autour de trois axes : les conflits européens (ces « guerres civiles européennes »), les victimes, et les processus de pacification.
Ce volume se veut un hommage rendu à l’œuvre de l’homme qui, dans les murs de sa maison de Scy-Chazelles, a réfléchi à la paix européenne. Il voudrait ainsi permettre le dépassement de cette classique destinée européenne évoquée par le titre de la manifestation.

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De Sarajevo à Sébastopol (Jean-Christophe Romer)

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113 De Sarajevo à Sébastopol L’impact des crises yougoslaves en Europe : nationalisme et internationalisation Jean-Christophe romer En une année de centenaire de la Première Guerre mondiale, la ques- tion de l’existence d’une « malédiction des Balkans » revient presque naturellement à l’ordre du jour. « Balkanisation », « poudrière des Balkans », autant de qualificatifs péjoratifs qui font que la plupart des pays de cet espace cherchent à démontrer qu’ils n’appartiennent pas à cette région « maudite » dont le nom est en lui-même un repoussoir1. En 1993, M. Teodor Melescanu, ministre roumain des Affaires étrangères, pouvait ainsi affirmer sans rire que la Roumanie était « un État d’Europe centrale proche des Balkans »2. Il est vrai que, des guerres des Balkans de la fin du XIXe jusqu’à 1913, la région s’est souvent retrouvée à la source de conflits européens par une exacerbation des nationalismes, non plus existentiels comme en 1848, mais d’un nationalisme de puissance et d’exclusion. Ce n’est pas un ha- sard si l’une des toutes premières publications de rapports de la fondation Carnegie de Washington a été le rapport d’une commission internationale d’enquête­sur­les­causes­et­la­conduite­des­guerres­balkaniques­;­ce­n’est­ donc pas un hasard non plus si la même fondation décide, en 1993, de rééditer ce rapport avec une préface de George Kennan3. Il est vrai que, depuis 1945, l’Europe avait quelque peu oublié les horreurs de la guerre car l’idée même de conflit armé avait...

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