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Guerre et Paix

Une destinée européenne ?

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Edited By Sylvain Schirmann

Les expériences communes des Européens conduisent-elles à une « européanisation des consciences » ? L’amorce d’un processus de construction européenne au XXe siècle, et notamment après 1945, s’est nourrie d’un narratif mettant en valeur l’apport de ce processus à la paix, au développement socio-économique et à l’enracinement démocratique. Ce narratif est présent dans l’ensemble des discours et décliné à travers des adaptations nationales dans la majeure partie des États membres de l’UE. En panne aujourd’hui, il mérite d’être interrogé. Ne favorise-t-il pas des « mémoires concurrentes », rendent difficile l’émergence de lieux de mémoire européens ? Compte tenu, justement, de certains événements mémoriels : centenaire de la Grande Guerre, soixantième anniversaire du déclenchement de la guerre d’Algérie, conférence de Genève de 1954 qui scelle la fin de la première guerre d’Indochine, échec de la CED en 1954 qui lance le processus de réarmement de l’Allemagne, les auteurs des contributions réunies dans ces actes réfléchissent à la thématique de la destinée européenne, autour de trois axes : les conflits européens (ces « guerres civiles européennes »), les victimes, et les processus de pacification.
Ce volume se veut un hommage rendu à l’œuvre de l’homme qui, dans les murs de sa maison de Scy-Chazelles, a réfléchi à la paix européenne. Il voudrait ainsi permettre le dépassement de cette classique destinée européenne évoquée par le titre de la manifestation.

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Le rôle du Conseil de l’Europe dans la réconciliation Est-Ouest (1988-1993) (Birte Wassenberg)

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181 Le rôle du Conseil de l’Europe dans la réconciliation Est-Ouest (1988-1993) Birte WassenBerG Depuis sa création en 1949, le Conseil de l’Europe a toujours affi- ché sa vocation de constituer une organisation qui puisse réunir tous les Européens1. Lors du discours d’ouverture à l’Assemblée parlementaire le­10­août­1949,­le­président­d’honneur­Édouard­Herriot­met­en­effet­l’ac- cent sur le fait que le Conseil de l’Europe a mandat de « donner corps et expression aux aspirations des peuples de l’Europe » et, en se référant à Robert Schuman, il ajoute que « toutes les portes sont ouvertes vers l’Est, vers tous ceux qui, aujourd’hui, s’abstiennent d’être avec nous »2. Pendant toute la période de la guerre froide, l’organisation de Strasbourg s’est donc investie en faveur d’un rapprochement et d’une coopération entre l’Europe de l’Ouest et l’Europe de l’Est. Mais une véritable politique de réconciliation Est-Ouest devait at- tendre la levée du rideau de fer qui s’annonce timidement en 1987, avec le lancement, par Mikhaïl Gorbatchev, des politiques de libéralisation économique et politique en URSS, connues sous la dénomination de Perestroïka et de Glasnost3. À partir de 1988, le Conseil de l’Europe peut donc se lancer dans une véritable mission de réconciliation qui se traduit d’abord par une démarche diplomatique envers les pays d’Europe centrale et orientale et l’Union soviétique et la mise en place d’un certain nombre d’outils de coop...

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