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Anna Akhmatova et la poésie européenne

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Edited By Tatiana Victoroff

À partir de la figure centrale d’Anna Akhmatova, emblématique de l’âge d’argent russe, à travers les complexes rapports d’opposition et de filiation que la poésie russe entretient avec l’Europe depuis le début du XIX e siècle, des chercheurs, des poètes, des traducteurs s’interrogent sur l’existence d’une « poésie européenne », unifiée par le regard de celle qui, de son pays à la frontière de deux continents, y est à la fois extérieure et en est très profondément l’héritière. Les notions comparatistes traditionnelles d’analogie, de parenté et d’influence se laissent préciser et affiner au regard d’une œuvre composée comme un immense chœur accordé selon de nouvelles lois et faisant de la parole poétique une source, voire la seule, de l’existence, dépassant peut-être ainsi toute notion de poésie nationale pour toucher à l’universel.
Les contributions de chercheurs comparatistes ou slavisants, français et russes, s’organisent selon plusieurs axes – Akhmatova en dialogue avec les poètes européens ; Akhmatova comme poète européen ; les questions de traduction et de transmission – mais l’ouvrage inclut également les témoignages de poètes et d’intellectuels au sujet de leur rencontre avec Akhmatova ou à travers la lecture de ses vers. Il propose également de nouvelles traductions d’Akhmatova en français. Enfin, des poèmes inédits d’auteurs européens contemporains qui ont composé sous l’inspiration akhmatovienne témoignent de l’écho européen d’une voix contre laquelle la censure s’est acharnée sans l’étouffer et qui reste un surgeon toujours fécond dans la lignée de la poésie la plus existentielle.

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Chapitre IVLa réception d’Akhmatova

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chapitre iV la réception D’akhmatoVa « “Oui, je le peux”. Tout l’avenir de l’humanité repose sur cet engagement, cette conviction » Yves Bonnefoy 241 « OUI, JE LE PEUX » Yves Bonnefoy Photo inédite. © Mathilde Bonnefoy Ce poème, « En guise de préface ». Le lire, dans la traduction tout à fait transparente et certainement fidèle de Paul Valet, qui fut mon ami, ç’aura été une des émotions les plus vives que j’aie éprouvées dans ma vie. Ces quelques vers rappelaient, en effet, d’une façon saisissante l’étendue et la profondeur du malheur d’une société, la souffrance et la solitude d’Anna Akhmatova et autour d’elle de toutes parts l’épaisse et morne violence dont l’être dit humain est capable. Mais aussi je les voyais découvrir et nous faire entendre ce qu’est la poésie la plus essentielle, en son évidence au-delà de toute littérature. Je suis de ceux qui ont vécu dans un moment de leur société relativement à l’abri des grandes tourmentes de l’histoire. Ma génération a Anna Akhmatova et la poésie européenne 242 eu à traverser à l’adolescence ou en son début d’existence adulte quelques années de ténèbres mais dès 1944 le ciel s’était éclairci et depuis c’est ailleurs qu’en France que le malheur, le plus dur malheur, a frappé. Or, fut-ce là une chance ? Pas nécessairement, s’il s’agit de comprendre ce que c’est que la poésie. La poésie est espérance,...

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