Show Less

La Poste, servante et actrice des relations internationales (XVIe–XIXe siècle)

Series:

Edited By Alexandre Tessier

L’existence de relations postales est généralement perçue comme un prérequis de l’essor de la diplomatie moderne. L’apparition de routes de relais sur de grandes distances, à la fin du Moyen Âge, permit tout d’abord aux diplomates de maintenir un contact régulier avec leurs cours d’origine, d’où la multiplication des ambassades permanentes. Puis, vers la fin du XVI e siècle, l’extension des services publics de Poste aux lettres entraîna une baisse drastique des coûts de communication : l’envoi de courriers particuliers put devenir exceptionnel ; les ambassades se mirent à vivre au rythme des « ordinaires », ces convois de lettres ouverts à tous, qui chaque semaine reliaient les capitales européennes entre elles. La diplomatie entrait dans son âge classique.
L’objet des études rassemblées dans ce recueil est de dépasser ce scénario trop général pour explorer en quoi consista le partenariat effectif, quotidien, intime, qui dut nécessairement se nouer entre la diplomatie et la Poste. Balayant l’ensemble de l’Europe moderne, ces contributions révèlent la grande variété des situations, selon les régions ou périodes considérées. Abordant un riche éventail de thèmes – rôle des cabinets noirs, usage des guides postaux, connivences entre journalistes et diplomates –, elles montrent aussi que les contraintes des moyens de communication disponibles ne pesaient pas seulement de façon négative sur l’activité diplomatique : elles lui ouvraient maintes perspectives de manipulation de l’information. C’est en ce sens que, servante incontournable des relations internationales à l’Époque moderne, la Poste peut aussi prétendre au statut d’actrice des affaires.

Prices

Show Summary Details
Restricted access

Temps postaux, pratiques diplomatiques

Extract

23 La circulation des correspondances d’État en europe durant le second xvie siècle L’exemple de la France Matthieu GellARd Docteur en Histoire (Université Paris-Sorbonne) Chercheur associé au Centre Roland Mousnier Placés dans une bougette en toile ou en cuir facile à transporter, les paquets échangés entre la cour de France et ses représentants à l’étranger comprennent le plus souvent une lettre du roi et une autre de Catherine de Médicis, complétées si besoin par des pièces diverses (mémoires, nouvelles de France ou relations de l’étranger, copies des édits ou ordonnances, voire des traités de pacification, etc.)1. Dans certains cas, ils peuvent également contenir des lettres signées par les secrétaires d’État, des membres de la famille royale, des grands officiers ou les principaux seigneurs du Conseil. Enfin, outre ces lettres adressées au négociateur lui-même, il n’est pas rare qu’on joigne au paquet des lettres destinées au souverain étranger, à son épouse ou leurs enfants, mais aussi aux principaux ministres ou aux grands seigneurs de la cour de destination. Le représentant du roi de France est donc souvent chargé de réceptionner puis de redistribuer toutes ces lettres. De son côté, il envoie des paquets tout aussi fournis et variés : correspondance officielle, pièces diverses (mémoires, avis, discours) et pièces justificatives (correspondance échangée avec la cour étrangère), lettres du souverain auprès duquel il est en poste,...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.