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Concurrences régionales dans un monde multipolaire émergent

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Edited By Sebastian Santander

Cet ouvrage se penche sur le regain d’importance qu’ont pris les organisations régionales dans les relations internationales de l’après-guerre froide marquées, notamment, par l’accélération de la globalisation et de la diffusion du pouvoir mondial. L’ouvrage s’intéresse au rapport des régions à la transformation en cours des équilibres mondiaux et partant au sens qu’elles insufflent à l’ordre international actuel.
Chaque projet régional est porteur à l’extérieur de normes et règles qui lui sont propres, ce qui n’est pas sans produire une concurrence entre groupements. Cette rivalité entre blocs régionaux existe tant au niveau de chaque continent qu’à l’échelle planétaire. Bien que cette concurrence est loin de constituer un phénomène nouveau, elle a pris de l’ampleur avec, notamment, la prolifération de toute une série de méga-blocs régionaux, d’associations transrégionales ou de coopération interrégionale (TTIP, TTP, « une ceinture, une route », Union eurasienne, RCEP, partenariat UE/CELAC, Asem), dont l’objectif premier est de façonner l’ordre mondial en fonction des attentes des acteurs qui les composent.
Il est donc question d’étudier la place et le(s) rôle(s) des groupes régionaux, interrégionaux et transrégionaux émergents dans l’ordonnancement des relations internationales à l’heure de la multipolarisation progressive des affaires mondiales et de la crise de la gouvernance mondiale.

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Partie IV. L’Europe communautaire : un processus d’intégration sinueux

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Partie IV L’Europe communautaire : un processus d’intégration sinueux 173 L’UE face aux « crises migratoires » Institutionnalisation communautaire et tensions politiques Antoine Mégie Introduction Si l’on cherche aujourd’hui à interroger les dynamiques politiques et institutionnelles de l’Union européenne (UE), une première dimension s’impose immédiatement : « la crise ». Les réflexions concernant le futur des projets d’intégration sont désormais remplacées par les discours de crise1, voire de « désintégration ». Ce diagnostic ne concernerait pas uniquement la « Grande récession économique » des années 20002, mais bien plus largement le système européen et sa légitimité. Que ce soit sur le plan politique ou institutionnel l’UE semble ainsi connaître ce que certains auteurs qualifient de « déclin inexorable ». Dans une des perspectives les plus radicales de cette thèse, l’historien britannique Walter Laqueur estime même que les jours de l’Europe en tant que région sont comptés3. La « chute » de l’Europe serait le résultat d’une dévitalisation, exprimée dans un déclin démographique, le recours à une immigration musulmane selon lui peu désirable et la dépendance croissante des classes moyennes envers l’État-providence. Au-delà de la pertinence fort discutable de ces analyses4, de tels discours de crise conduisent pour la plupart à une impasse analytique posant les termes du débat exclusivement dans un registre normatif. Dès lors, si le registre de la crise constitue bien le paradigme pour qui désire comprendre les dynamiques extérieures et...

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