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Les guerres balkaniques (1912–1913)

Conflits, enjeux, mémoires

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Edited By Catherine Horel

Les contributions réunies dans cet ouvrage sur les guerres balkaniques se veulent une interrogation sur leur impact international et dans les sociétés concernées, elles questionnent également la mémoire qu’elles y ont laissée et le rôle de celle-ci dans les relations interétatiques.
Les auteurs s’intéressent tout d’abord aux conflits régionaux et aux questions territoriales, à l’expérimentation de la guerre et à la notion de patrie, aux relations entre civils et militaires, aux bandes armées. Un deuxième thème concerne plus particulièrement l’Empire ottoman puis la Turquie à travers l’importance de la Méditerranée, les indépendances successives des pays balkaniques, le devenir des villes ottomanes. La troisième partie renvoie à une tendance actuelle de la recherche qui entreprend de faire l’histoire des interventions internationales et des opérations de paix : l’action de la fondation Carnegie ; la spécificité de la diplomatie balkanique ; l’absence des grandes puissances et la fin du concert européen. Enfin, la quatrième partie traite des mémoires des guerres balkaniques : imagologie, censure et caricature ; les propagandes comparées des belligérants et des grandes puissances ; lieux de mémoire ; pour une écriture commune de l’histoire du conflit.
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Comprendre et assister une migration contrainte. Les puissances et la fin de l’islam crétois des débuts de l’occupation internationale à la Première Guerre balkanique (1897-1913)

1. Les Crétois musulmans sous le regard européen : entre mépris et compassion

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Comprendre et assister une migration contrainte

Les puissances et la fin de l’islam crétois des débuts de l’occupation internationale à la Première Guerre balkanique (1897-1913)

Patrick LOUVIER

Université de Montpellier III

La Crète tient durant la Première Guerre balkanique (octobre 1912-mai 1913) une place marginale si l’on considère les aspects militaires et navals de ce conflit. La participation insulaire aux combats se limite au détachement de quelques centaines de volontaires sur les fronts de Thessalie et de l’Épire où ils servent dans les rangs de l’armée grecque1. Pour autant, la Première Guerre balkanique marque l’aboutissement d’un long processus de sortie de l’Empire ottoman engagé en mars 1897, quand les Puissances2 occupent l’île, l’administrent puis la dotent, fin 1898, d’une semi-souveraineté, maintenue après l’évacuation des forces européennes en juillet 19093. La proclamation unilatérale de l’union de la Crète à la Grèce, le 14 octobre 1912, reconnue par l’Europe, le 30 mai 1913, marque l’aboutissement d’une lutte qui enthousiasma trois générations de philhellènes4. Au milieu de la liesse insulaire qui accueille l’union de 1913, les musulmans crétois oscillent entre la résignation, la tristesse et ← 37 | 38 → l’angoisse. Sentiments anciens et dont les expressions les plus tragiques sont l’exode rural vers les grands ports du nord – Candie (Héraklion), La Canée, Réthymnon et Sitia –, quasiment achevé en 1913, et l’émigration au Proche-Orient,...

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