Show Less
Restricted access

Ville infectée, ville déshumanisée

Reconstructions littéraires françaises et francophones des espaces sociopolitiques, historiques et scientifiques de l’extrême contemporain

Series:

Sylvie Freyermuth, Jean-François Bonnot and Timo Obergöker

Le programme de recherche Reconstructions littéraires françaises et francophones des espaces sociopolitiques, historiques et scientifiques de l’extrême contemporain a réuni des chercheurs européens dont les travaux, présentés ici, sont entrés en dialogue au sujet de la catégorie de l’espace, en étroite relation avec la géographie, l’histoire, les sciences sociales et politiques, et enfin les sciences cognitives et la cybernétique.
L’espace est soumis aux tensions des difficiles premières années du XXI e siècle (guerres, peurs et fantasmes « terroristes », etc.), de surcroît marquées par une crise économico-financière sans précédent depuis 1929, de telle sorte que les groupes sociaux et les individus s’inscrivent dans des situations très nouvelles dans lesquelles se trouvent réactivés soupçons et défiances à l’égard des institutions politiques et de leurs administrations. Aucun domaine n’est épargné, qu’il s’agisse de l’éducation, de la recherche scientifique ou des activités de diffusion de l’information.
Ce volume explore et analyse la création, essentiellement romanesque, de l’extrême contemporain, où l’espace s’impose avec force, comme en témoigne le rôle rempli par les lieux archétypiques de la « surmodernité » – prisons, usines, périphéries urbaines, voire centrales nucléaires, ensemble de lieux « sans qualités apparentes ». C’est parce que la littérature est à la fois une caisse de résonance des fantasmes et des terreurs et une conscience critique, que ces contributions veulent rendre compte de ce rapport avec l’espace, dont l’humain a lui-même organisé la planétarisation et – paradoxalement – la déshumanisation.
Show Summary Details
Restricted access

Paris « ville atroce » dans la vision de Michel Houellebecq

Le péritexte

Extract



Yvonne GOGA

Université de Cluj-Napoca

Avec son premier roman Extension du domaine de la lutte, écrit en 1994, Michel Houellebecq révèle l’aliénation de l’homme en fin de siècle et de millénaire sous les effets de la vie dans notre société contemporaine. L’être le plus atteint par cette aliénation est le jeune citadin âgé de vingt-cinq à quarante ans. Pour mettre en évidence le danger de la généralisation du mal qui menace la jeunesse, l’écrivain ne donne pas de nom propre au protagoniste de son livre. Le récit à la première personne du singulier devient ainsi le récit de toute une génération de jeunes, atteinte du même mal, symbolisé par le syntagme de « ville atroce » qui caractérise la ville de Paris. Le regard attentif porté par l’écrivain à la fois sur le sujet de son livre et sur l’expression artistique inspire le double aspect de mon analyse : thématique et poétique. Dans cette perspective, j’envisage d’examiner trois points : le péritexte d’auteur (l’épigraphe et les titres des chapitres), l’incipit et la fin du livre, enfin, les lieux que j’appellerai « de la non-représentation ».

Le roman Extension du domaine de la lutte présente un événement de la vie du protagoniste, prétexte pour surprendre ses rapports avec le monde. Travaillant dans l’ingénierie informatique, il est choisi par son supérieur hiérarchique pour...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.