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Le multiculturalisme et la reconfiguration de l’unité et de la diversité dans les démocraties contemporaines

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Jorge Cagiao y Conde and Alfredo Gómez Muller

Le débat sur le multiculturalisme, qui a accompagné pendant les quatre dernières décennies la mise en place des premières politiques multiculturalistes dans les démocraties libérales avancées, a modifié profondément notre manière de percevoir la culture et la diversité culturelle. Nos sociétés auraient ainsi pris conscience du pluralisme culturel qui les traverse, et seraient devenues plus sensibles aux injustices faites aux minorités nationales et culturelles au nom d’une certaine idnom d’une certaine idée de la nation, de la démocratie, de la liberté ou de l’égalité. Pourtant, le multiculturalisme est loin de faire l’unanimité aujourd’hui ; selon certains diagnostics, il serait même en crise.
Le présent ouvrage propose un bilan critique du multiculturalisme, tant au niveau des réalisations des politiques multiculturalistes que de ses apports théoriques au débat sur la diversité et sur l’unité en démocratie. Les conclusions des auteurs sur les trois axes privilégiés dans ce livre (fédéralisme et pluralisme national ; critiques de l’universalité ; reconnaissance du pluralisme linguistique) sont contrastées mais permettent de dresser un tableau clair et nuancé des apports et des limites du multiculturalisme dans les démocraties libérales.
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Introduction (Alfredo Gómez-Muller)

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Alfredo GÓMEZ-MULLER

Les débats liés à la reconfiguration contemporaine de la diversité et de l’unité rejoignent, pour une part essentielle, la question traditionnelle de l’articulation entre l’« universel » et le « particulier », qui, dans les conditions de la modernité politique et éthique, revêt une signification émancipatrice. En effet, la naissance de l’idée de l’« universel » pratico-normatif, pensé dans le sens de l’intérêt général de la tradition contractualiste, de la loi commune fondatrice de la « nation » selon Sieyès ou de l’universalité de la loi kantienne, se rattache historiquement à la lutte contre des formes du pouvoir politique, juridique, religieux et social qui tendent à privilégier les intérêts particularistes de certains groupes au détriment d’autres groupes de la société. Aux XVIe et XVIIe siècles, l’« universel » s’oppose d’abord aux particularismes confessionnels concurrents qui se disputent pour l’hégémonie politico-religieuse, dans le cadre du processus qui prépare l’effondrement de l’universel religieux et la crise générale du fondement théologico-religieux du politique. Plus tard, aux XVIIIe et XIXe siècles, il va asseoir la critique des privilèges juridiques, politiques, économiques et sociaux de l’aristocratie (en Europe) ou des élites coloniales européennes (dans les Amériques). Enfin, à partir du deuxième tiers du XIXe siècle et jusqu’à nos jours, il nourrit notamment la critique de la domination économique, sociale et politique du capital et de ses expressions idéologiques qui tendent à considérer l’...

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