Show Less
Restricted access

Une diplomatie culturelle dans les tensions internationales

La France en Europe centrale et orientale (1936-1940 / 1944-1951)

Series:

Annie Guenard

Au XX e siècle, l’Europe centrale et orientale a été l’épicentre de tensions internationales. Soumise aux ambitions de puissances totalitaires, elle a connu leur emprise idéologique. La diplomatie culturelle déployée par la France dans cet espace, de 1936 à 1940 puis dans les années succédant à la Seconde Guerre mondiale, a eu une double dimension : stratégique et idéologique.
À partir d’archives et d’entretiens, ce livre en étudie les enjeux, les modalités, les adaptations renouvelées, les limites. Il observe les continuités et les évolutions entre les deux temps, et, sous l’angle culturel, appréhende la complexité d’une entrée en guerre froide.
Dans la fin des années 1930, l’affirmation culturelle est ambitieuse, multiforme, face aux avancées de l’Allemagne nazie et de l’Italie fasciste ; elle connaît des inflexions après « Munich », en particulier une symbiose entre « culture » et « information ». Ultérieurement, alors que les Alliés, vainqueurs, sont très présents, il s’agit d’une reconstruction pour retrouver une position d’influence. La France de 1945, affaiblie, mobilise ses ressources ; elle affiche sa proximité avec les mutations en cours à l’Est.
Rapidement, le contexte international, l’évolution des États sous tutelle soviétique, les choix de la France – intérieurs et en politique étrangère – s’interposent dans la poursuite de l’action. Aux espoirs de concordances succède un réalisme face à une « Normalisation ». Une diplomatie culturelle « en résistance » est confrontée à une élimination programmée par le Kominform et ses relais. L’éviction du Bloc de l’Est s’inscrit dans un processus qui atteint l’ensemble des puissances occidentales.
Show Summary Details
Restricted access

Chapitre XIV. Un bilan des années 1944-1951

← 300 | 301 →CHAPITRE XIV

Extract

Dans le numéro de la mi-juin 1946 de Paris-Prague (ex. La Tchécoslovaquie nouvelle), l’éditorialiste commente le verdict des élections législatives presque simultanées en Tchécoslovaquie et en France en ces termes : « […] à Prague les communistes ont obtenu une victoire, à Paris ils se maintiennent tandis que le MRP l’emporte. Deux gouvernements différents […] deux idéologies contradictoires vont donner le ton dans les deux pays amis […] ». Il touche au cœur même de l’évolution qui va déterminer les rapports franco-tchécoslovaques dans les années qui suivent ; par cette formulation, il résume l’une des conditions qui vont présider à la présence culturelle française non seulement en Tchécoslovaquie mais dans l’ensemble des États situés derrière le rideau de fer1. Partis à l’issue du conflit mondial sur des lignes politiques proches, la France et les États du Centre et de l’Est de l’Europe suivent ensuite des voies divergentes. Les relations internationales, la guerre froide, s’interposent avec force dans la diplomatie culturelle développée par la France.

Un scénario qui se décompose en plusieurs séquences marque l’après-guerre. Le temps des espoirs de convergence cède la place au temps d’un pragmatisme teinté d’illusions puis à celui d’un réalisme « nécessaire ». Enfin, le temps d’une tentative de résistance à une élimination programmée par le Kominform s’inscrit sur plusieurs années.

Une diplomatie culturelle en Europe centrale et orientale est élaborée à partir de...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.