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La Grande Guerre en musique

Vie et création musicales en France pendant la Première Guerre mondiale

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Edited By Florence Doé de Maindreville and Stéphan Etcharry

Qu’elle permette d’oublier les horreurs vécues, de donner du courage aux soldats et à leur famille, de souder une nation face à l’ennemi, d’accompagner la mémoire des disparus et de réconforter les survivants, la musique a occupé une place importante durant la Grande Guerre. Inscrit dans une dynamique de recherche scientifique, ce livre propose des enquêtes originales sur la vie musicale au front et à l’arrière. Centré sur la création artistique, il apporte des éclairages inédits, notamment sur la façon dont les compositeurs et les interprètes ont vécu leur art dans un moment aussi critique de l’histoire, et soulève de nombreuses questions : quelles sont les motivations des musiciens à poursuivre leur activité dans un contexte aussi dramatique ? La musique est-elle vécue comme engagement offensif ou comme échappatoire ? Comment les musiciens sont-ils perçus au front par les autres soldats ? Comment les compositeurs, à l’avant comme à l’arrière, se positionnent-ils face à la création ? Voici quelques-unes des questions qui traversent ce livre, lequel, au fil des chapitres consacrés tour à tour à des acteurs plus ou moins célèbres du monde artistique, à des œuvres, au problème de l’édition ou encore à la vie culturelle à Paris et en province, trame un panorama musical de cette France en guerre.
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Le Quintette du général. Conditions matérielles et morales d’une pratique musicale au front (1915–1918)

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Le Quintette du général

Conditions matérielles et moralesd’une pratique musicale au front (1915–1918)

Luc DUROSOIR

Association Musiciens entre Guerre et Paix (MEGEP)

Enfin je puis t’écrire…Voici 12 jours que nous étions à Neuville-Saint-Vaast ; quand nous sommes arrivés, la moitié du village seulement était occupée, à l’heure actuelle tout est enlevé… Ç’a été là de notre part un effort dont on ne peut donner idée. Il faut reformer le régiment car nos pertes sont lourdes. Notre colonel est tué, beaucoup de compagnies n’ont plus d’officiers, notre capitaine est tué, notre lieutenant et un adjudant blessés […]. Le régiment a perdu 1000 hommes tués, blessés, disparus. Ce pays de Neuville est d’une horreur qui dépasse tout ce que l’imagination peut enfanter : il n’est pas détruit, il est écrasé, rentré sous terre […]. Tu ne peux te faire une idée de cette guerre, je n’en perdrai jamais le souvenir. Il fallait arracher chaque ruine ; derrière chaque moellon un boche, des barricades partout avec des mitrailleuses et sur tout cela une pluie de bombes et de grenades lancées à la main, explosives et asphyxiantes. J’ai beaucoup tiré au fusil protégeant les lanceurs de grenades […]. J’ai eu mon fusil brisé dans mes mains et tout cela avec les obus sifflant et éclatant sans arrêt jour et nuit, car nous sommes restés 7 jours sans dormir, des torpilles aériennes éclataient...

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