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Le regard étranger

L’image du Burundi dans les littératures belge et française

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Juvénal Ngorwanubusa

Troisième volet du Grand Œuvre consacré par Juvénal Ngorwanubusa à son pays, le Burundi, ce livre se penche cette fois sur l’image que les romans, belges et français , du XX e siècle, donnent de ces contrées qui bordent le lac Tanganyika.
Ce faisant, l’auteur convie son lecteur à une nouvelle exploration du XX e siècle mais aussi à une étude minutieuse de la persistance des clichés dans l’imaginaire littéraire occidental, particulièrement lorsqu’il s’agit de pays jadis qualifiés d’exotiques et d’événements tragiques liés aux Indépendances et à leurs suites. Ces événements, l’on persiste souvent à les décrypter à partir des seuls schémas de lecture occidentaux.
Bel outil de méditation par ailleurs sur les relations Histoire/Fiction, notamment à l’égard de pays éloignés, cette étude concerne aussi bien les fictions de Pierre Ryckmans, qui fut gouverneur général du Congo belge et du Ruanda-Urundi, que SAS broie du noir de Gérard de Villiers. Elle amène subtilement, et indirectement, à une précieuse connaissance d’un pays francophone parmi les plus méconnus.
Où l’on constate aussi que la Fiction n’est pas Tout.
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Chapitre III. Littérature et violence : des mots pour détruire l’autre

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CHAPITRE III

Littérature et violence : des mots pour détruire l’autre

Les personnages principaux des œuvres qui s’inspirent de la période postcoloniale viennent tous de l’étranger. Avant de s’embarquer dans l’aventure, ils tiennent à prendre le plus de renseignements possible sur le Burundi, auprès des agences de voyage, en lisant des guides ou des publications sur ce pays ou en s’informant au contact concret des personnes, de préférence ayant vécu « là-bas ». C’est pourquoi Michel, le héros de L’Hiver sur le Tanganyika, s’astreint à lire un « pavé » de 500 pages dans l’espoir d’avoir de plus amples informations. Catherine, dans Le Chant des fusillés, en amasse de toutes sortes dans un salon de coiffure à Bruxelles. Des renseignements pris, il ressort que la beauté et l’identité solaire du pays sont omniprésentes comme nous l’avons vu plus haut, mais ils sont déjà conscients de ne pas aller vers la « plénitude de l’ailleurs » dont parle Georges Jacques. Cet « espace exclusivement héliotrope »1 est souvent obscurci par l’image d’un pays sous la botte d’un régime oligarchique qui sème la désolation et la mort, dans une population elle-même coupée en deux par une sorte de ligne Maginot ethnique, car « tous les nègres ne se ressemblent pas », constate le narrateur de L’Hiver sur le Tanganyika. D’une part, nous avons la représentation d’une minorité tutsi riche et puissante qui a le monopole du...

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