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Le regard étranger

L’image du Burundi dans les littératures belge et française

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Juvénal Ngorwanubusa

Troisième volet du Grand Œuvre consacré par Juvénal Ngorwanubusa à son pays, le Burundi, ce livre se penche cette fois sur l’image que les romans, belges et français , du XX e siècle, donnent de ces contrées qui bordent le lac Tanganyika.
Ce faisant, l’auteur convie son lecteur à une nouvelle exploration du XX e siècle mais aussi à une étude minutieuse de la persistance des clichés dans l’imaginaire littéraire occidental, particulièrement lorsqu’il s’agit de pays jadis qualifiés d’exotiques et d’événements tragiques liés aux Indépendances et à leurs suites. Ces événements, l’on persiste souvent à les décrypter à partir des seuls schémas de lecture occidentaux.
Bel outil de méditation par ailleurs sur les relations Histoire/Fiction, notamment à l’égard de pays éloignés, cette étude concerne aussi bien les fictions de Pierre Ryckmans, qui fut gouverneur général du Congo belge et du Ruanda-Urundi, que SAS broie du noir de Gérard de Villiers. Elle amène subtilement, et indirectement, à une précieuse connaissance d’un pays francophone parmi les plus méconnus.
Où l’on constate aussi que la Fiction n’est pas Tout.
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Chapitre IV. Mythe, histoire, fiction et idéologie

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CHAPITRE IV

Mythe, histoire, fiction et idéologie

De même que la sagesse burundaise s’est offert un dicton qui dit à peu près que la vérité « vraie » se profile à travers la conversation à bâtons rompus, la vérité historique transparaît en filigrane à travers la fiction littéraire. Notre corpus offre un exemple type d’imbrication entre la fiction littéraire et le référent historique. On ne peut comprendre les réactions et les agissements des personnages si l’on ignore le contexte historique dans lequel les auteurs ont placé leurs œuvres. Nous avons souvent affaire à des romans à clés, qui se lisent sur fond de vraisemblance et où les êtres de papier correspondent à des êtres de chair. Cette réécriture fictionnelle de l’histoire privilégie des genres où tout concourt à donner à l’invention romanesque un semblant de plausibilité, tel que l’a bien montré Maurits Van Overbeke :

Dans la création littéraire traditionnelle, on le sait, la fécondation réciproque entre l’histoire et la fiction a donné deux hybrides qui sont d’une part le roman historique, d’autre part l’histoire romancée, tous deux sollicitant à la fois la connaissance historique et l’imagination.1

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