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Le regard étranger

L’image du Burundi dans les littératures belge et française

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Juvénal Ngorwanubusa

Troisième volet du Grand Œuvre consacré par Juvénal Ngorwanubusa à son pays, le Burundi, ce livre se penche cette fois sur l’image que les romans, belges et français, du XXe siècle, donnent de ces contrées qui bordent le lac Tanganyika.
Ce faisant, l’auteur convie son lecteur à une nouvelle exploration du XXe siècle mais aussi à une étude minutieuse de la persistance des clichés dans l’imaginaire littéraire occidental, particulièrement lorsqu’il s’agit de pays jadis qualifiés d’exotiques et d’événements tragiques liés aux Indépendances et à leurs suites. Ces événements, l’on persiste souvent à les décrypter à partir des seuls schémas de lecture occidentaux.
Bel outil de méditation par ailleurs sur les relations Histoire/Fiction, notamment à l’égard de pays éloignés, cette étude concerne aussi bien les fictions de Pierre Ryckmans, qui fut gouverneur général du Congo belge et du Ruanda-Urundi, que SAS broie du noir de Gérard de Villiers. Elle amène subtilement, et indirectement, à une précieuse connaissance d’un pays francophone parmi les plus méconnus.
Où l’on constate aussi que la Fiction n’est pas Tout.
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Introduction

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Si l’on devait, d’entrée de jeu, exprimer en une formule condensée l’image, littéraire ou non, que se font du Burundi les observateurs étrangers, l’on serait probablement tenté d’en adopter une, tirée d’un guide touristique :

Le Burundi est un de ces beaux pays du monde qui semblent avoir été une fois pour toutes bénis de Dieu et qui nous rappellent que l’œuvre divine est perpétuellement enviée par un diable jaloux.1

En effet, lorsque l’on revisite, dans une perspective diachronique ou synchronique, le discours consacré à ce pays, on est frappé par son caractère double et fondamentalement dichotomique, l’un ou l’autre aspect prenant le dessus selon les époques et au gré des idéologies : d’une part, un pays de cocagne, réplique de l’Éden, devenant, par certains côtés, un Eldorado, avec un peuple uni et fier, que personne ne peut empêcher de rire ; et d’autre part, un pays capable de violence sous toutes ses formes et manifestations, surtout après son indépendance le 1er juillet 1962.

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