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La Retraduction en littérature de jeunesse / Retranslating Children’s Literature

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Virginie Douglas and Florence Cabaret

Cet ouvrage se situe à la croisée des études en littérature de jeunesse et en traductologie, emprunte à la stylistique et à la sociologie et interroge un phénomène qui prend toute son ampleur au cours du XXe siècle et en ce début de XXIe siècle, celui de la retraduction des livres destinés à un jeune public. À partir d’un corpus qui va des contes de Perrault jusqu’à Shrek !, en passant par Alice au Pays des merveilles, Poil de Carotte ou encore les Moumines de Tove Jansson, les auteurs de ce recueil montrent combien la retraduction participe à la canonisation d’un bon nombre d’œuvres nationales, au-delà du monde anglophone, du Brésil jusqu’à la Suède. La retraduction pose ainsi la question des changements de représentations de l’enfant-lecteur et du rapport adulte/enfant, de l’évolution des exigences de traduction de l’oralité et de la musicalité de textes souvent lus à voix haute, de l’influence des contextes culturels, économiques et politiques des pays où l’on y a recours, des modifications des liens entre texte et illustrations.
This volume stands at the intersection of children’s literature studies and translation studies. Borrowing from stylistics and sociology, it engages with a phenomenon which has reached its full scope over the 20th century and into the 21st century, that of the retranslation of books intended for children. Basing their essays on a body of texts including Perrault’s tales, Alice in Wonderland, Jules Renard’s Poil de Carotte, Tove Jansson’s Moomins or Shrek!, the authors of this collection show that retranslation has contributed to the canonization of a number of national works beyond the English-speaking world (from Brazilian to Swedish literature). Retranslation thus addresses the changes in representation of the child-reader and adult/child relationship, the evolution of translational norms as regards orality and musicality in the case of texts that are often read aloud, the impact of cultural, economic and political contexts in countries where translations are in demand, and the way retranslation can even affect the relationship between the text and its illustrations.
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Faut-il retraduire Tolkien ?

I. Les mots inventés de la fantasy

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Joachim ZEMMOUR

Université Michel de Montaigne-Bordeaux 3, France Traducteur littéraire

Paru pour la première fois en Angleterre chez un éditeur de littérature enfantine (Allen and Unwin, 1954), Le Seigneur des Anneaux de J. R. R. Tolkien est sans conteste l’un des romans d’imagination les plus célèbres du XXe siècle, ayant fait de la fantasy l’un des genres les plus populaires de nos jours. Or, ces dernières années, de nombreux « fans » de Tolkien en France, allant des simples amateurs éclairés aux traducteurs ou éditeurs spécialistes du genre, se sont fait l’écho d’erreurs, d’approximations, de fautes voire d’« aberrations » dans la traduction française canonique du roman, réalisée par Francis Ledoux, aux éditions Christian Bourgois (1972). Cette traduction, parue il y a une quarantaine d’années et ayant obtenu le « Prix du meilleur livre étranger » l’année de sa parution, n’a pourtant jamais été refaite, et ce malgré le succès international très récent de la trilogie de Tolkien, couplé à la création d’une multitude de maisons d’édition dédiées à la fantasy, dont les assez populaires éditions Bragelonne et son label Milady. Or, une nouvelle traduction du premier roman de l’auteur, The Hobbit (1937) − toujours considéré à ce jour comme un « livre pour enfants » et dont Le Seigneur des Anneaux est le prolongement (réclamé par l’éditeur de Tolkien) – vient d’être publiée aux éditions Christian Bourgois...

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