Show Less
Restricted access

ComplémentationS

Series:

Edited By Antoine Gautier, Laura Pino Serrano and Carlos Valcárcel Riveiro

L’apparition de la notion de complément est concomitante aux premiers développements d’une analyse syntaxique « moderne » du français. Tout au long du XIX e siècle, c’est principalement la grammaire scolaire qui va développer l’appareil terminologique de cette analyse, en donnant naissance à l’ensemble familier des compléments « circonstanciels », « d’objet (in)direct », « d’attribution », « du nom », etc.
Cet ensemble résulte plus d’un étiquetage sans cohérence que d’une véritable entreprise terminographique, et les premiers linguistes qui se sont penchés sur le métalangage grammatical, comme Brunot, en ont dénoncé l’obscurité.
Notion à la longévité remarquable, dotée d’une grande déformabilité, le complément trouve sa place dans de nombreux cadres théoriques au prix de manipulations définitionnelles plus ou moins importantes, à telle enseigne qu’on est fondé à remettre en question son utilité scientifique. S’agit-il simplement d’un concept mou que l’on devrait proscrire du métalangage, ou bien doit-on au contraire considérer que le complément permet utilement de saisir dans toute sa diversité une relation syntaxique fondamentale ?
En abordant la question par l’intermédiaire du terme complémentation, le présent volume prend le second parti, et les contributions qui le constituent interrogent et redéfinissent les différentes hypostases du complément, à plusieurs niveaux.
Show Summary Details
Restricted access

Introduction

Quelques références

Extract



A. GAUTIER, L. Pino SERRANO, C. VALCÁRCEL & D. VAN RAEMDONCK

Depuis son introduction dans la terminologie linguistique par Du Marsais et Beauzée, la notion de complément n’a cessé de muer et de se démultiplier au fil des modèles et des théories. Supplantant le régime, très ancien et trop étroitement associé au latin (Chevalier, 2006), le complément a été défini au départ comme « ce qu’on ajoute à [un] mot pour en déterminer le sens, de quelque manière que ce puisse être » (Beauzée). Cette définition sémantique, très accueillante sur le plan formel, a vite montré sa compatibilité avec la syntaxe. Et de fait, en symétrique de la fonction sujet, la complémentation est devenue le stéréotype des relations de dépendance fonctionnelle établies au sein d’un cadre phrastique (sinon un synonyme de la dépendance elle-même). On a ainsi distingué des compléments rattachables à la plupart des types de constituants de la phrase, jusqu’à l’énoncé et l’énonciation.

Certains s’accommodent d’une telle polyvalence au prix de sous-spécifications (comme l’opposition entre compléments essentiels et non essentiels, intégrés, adjoints ou détachés), d’autres au contraire préfèrent restreindre l’extension du complément par l’innovation terminologique : aux côtés du traditionnel attribut, on a ainsi proposé de définir des suppléments, des ajouts, des modifieurs, des déterminants et...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.