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Documents diplomatiques français

1949 – Tome I (1er janvier – 30 juin)

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Edited By Ministère des Affaires étrangères

Une grande affaire du premier semestre 1949 est le Pacte atlantique. Parallèlement la mise sur pied de l’Allemagne occidentale bat son plein, autour de la question de la « Loi fondamentale » de la future RFA. Les deux dossiers sont étroitement liés ; la France doit définitivement revoir sa politique allemande, mais on admet désormais que la priorité, c’est la résistance face à l’URSS  ; il faut empêcher celle-ci d’utiliser l’Allemagne. Le but n’est plus de morceler l’Allemagne, mais de l’incorporer dans un système de sécurité occidental.
Autre grand souci : l’Indochine. On suit les négociations complexes avec l’empereur Bao Dai. On parvient cependant aux accords du 8 mars 1949. Paris se montre très restrictif et frileux. Mais on s’inquiète des répercussions en Indochine de la défaite de Tchang Kai Tchek face aux communistes chinois. Cependant les États-Unis commencent, en raison de cette inquiétude, à mieux comprendre la position française à l’égard du problème indochinois. Décidément la politique extérieure française entre dans une nouvelle phase.
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305. M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères

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M. MASSIGLI, AMBASSADEUR DE FRANCE À LONDRES,

       À M. SCHUMAN, MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES1.

D. n° 817.

Londres, 18 mai 1949.

Bien que le Département soit informé mieux que personne des conditions dans lesquelles vient de se dérouler la conférence qui a abouti à la signature, le 5 mai, du statut du Conseil de l’Europe, il ne me semble pas inutile d’enregistrer la conclusion qui, à mon avis, se dégage de l’évolution de cette négociation :

Après avoir vu avec défiance notre initiative de l’été dernier, le gouvernement britannique a renoncé à la contrecarrer ; bien au contraire, il est maintenant décidé à jouer son rôle – et un rôle important – dans l’organisation en formation.

Au mois de janvier, M. Bevin – et ses collègues plus encore – hésitaient, c’est le moins qu’on puisse se dire. Votre Excellence se souvient des conditions dans lesquelles il nous fallut arracher le consentement britannique aux principes généraux d’un plan, soigneusement calculé cependant pour mettre les gouvernements européens à l’abri d’initiatives intempestives de la part de l’Assemblée consultative.

À ce moment les ministres anglais ne dissimulaient pas l’effroi qu’ils ressentaient à l’idée de la constitution d’une assemblée qui, échappant au contrôle direct des gouvernements, représenterait une forme de parlementarisme très différente de celle que l’on connaît dans ce pays où la majorité suit le gouvernement – quelque fois en...

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