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Documents diplomatiques français

1949 – Tome I (1er janvier – 30 juin)

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Edited By Ministère des Affaires étrangères

Une grande affaire du premier semestre 1949 est le Pacte atlantique. Parallèlement la mise sur pied de l’Allemagne occidentale bat son plein, autour de la question de la « Loi fondamentale » de la future RFA. Les deux dossiers sont étroitement liés ; la France doit définitivement revoir sa politique allemande, mais on admet désormais que la priorité, c’est la résistance face à l’URSS  ; il faut empêcher celle-ci d’utiliser l’Allemagne. Le but n’est plus de morceler l’Allemagne, mais de l’incorporer dans un système de sécurité occidental.
Autre grand souci : l’Indochine. On suit les négociations complexes avec l’empereur Bao Dai. On parvient cependant aux accords du 8 mars 1949. Paris se montre très restrictif et frileux. Mais on s’inquiète des répercussions en Indochine de la défaite de Tchang Kai Tchek face aux communistes chinois. Cependant les États-Unis commencent, en raison de cette inquiétude, à mieux comprendre la position française à l’égard du problème indochinois. Décidément la politique extérieure française entre dans une nouvelle phase.
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328. M. Clarac, Inspecteur général des postes diplomatiques et consulaires, à un membre du Département

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M. CLARAC, INSPECTEUR GÉNÉRAL DES POSTES DIPLOMATIQUES ET CONSULAIRES,

       À UN MEMBRE DU DÉPARTEMENT1.

L.

Tokyo, 1er juin 1949.

Je vous envoie ci-joint, en trois exemplaires, le texte d’un rapport où j’ai rassemblé les réflexions que m’a inspiré mon dernier voyage en Chine. Ceci ne ressort évidemment pas à l’inspection. Mais, comme vous le savez, l’information politique que je puis glaner au cours de mes tournées m’intéresse tout autant que le renseignement administratif. Le Département s’est jusqu’ici fort peu soucié des impressions personnelles que je pouvais recueillir au sujet de la situation politique des pays que je traversais. Je me suis étonné de son indifférence sans rien faire pour l’en tirer : je sais que la maison n’aime guère les excès de zèle. Cependant, ayant travaillé en Indochine et en Chine, c’est-à-dire des deux côtés de la barrière, je crois avoir une certaine expérience de l’ensemble des questions qui se jouent pour nous en Extrême-Orient. De plus, la situation présente en Chine et dans tout le Sud-Est asiatique est si dangereuse, si mouvante, que l’expression d’une opinion peut-être schismatique, mais assez large pour avoir une valeur pratique, n’est certainement pas superflue. En tout cas, vous en ferez ce qui vous semblera bon. Peut-être pouvez-vous en passer une copie à Couve de Murville et à Parodi.

Je termine actuellement mon voyage en Extrême-Orient. J’ai d...

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