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Documents diplomatiques français

1949 – Tome I (1er janvier – 30 juin)

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Edited By Ministère des Affaires étrangères

Une grande affaire du premier semestre 1949 est le Pacte atlantique. Parallèlement la mise sur pied de l’Allemagne occidentale bat son plein, autour de la question de la « Loi fondamentale » de la future RFA. Les deux dossiers sont étroitement liés ; la France doit définitivement revoir sa politique allemande, mais on admet désormais que la priorité, c’est la résistance face à l’URSS  ; il faut empêcher celle-ci d’utiliser l’Allemagne. Le but n’est plus de morceler l’Allemagne, mais de l’incorporer dans un système de sécurité occidental.
Autre grand souci : l’Indochine. On suit les négociations complexes avec l’empereur Bao Dai. On parvient cependant aux accords du 8 mars 1949. Paris se montre très restrictif et frileux. Mais on s’inquiète des répercussions en Indochine de la défaite de Tchang Kai Tchek face aux communistes chinois. Cependant les États-Unis commencent, en raison de cette inquiétude, à mieux comprendre la position française à l’égard du problème indochinois. Décidément la politique extérieure française entre dans une nouvelle phase.
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342. M. Épinat, Chargé d’affaires à l’Ambassade de France à Belgrade, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères

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M. ÉPINAT, CHARGÉ D’AFFAIRES À L’AMBASSADE DE FRANCE À BELGRADE,

       À M. SCHUMAN, MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES1.

D. n° 698.

Belgrade, 14 juin 1949.

En présence de données mouvantes et confuses, souvent rendues obscures par les précautions que doivent prendre les dirigeants yougoslaves pour conserver la cohésion du Parti, il est fort difficile de porter un jugement sur l’évolution des événements en Yougoslavie, qu’il s’agisse de la situation intérieure de celle-ci ou de ses relations avec l’URSS et les démocraties populaires. On doit se limiter à constater, depuis quelques semaines, une sorte de maturation accélérée dont il est peu aisé de déterminer si le maréchal Tito la désire, la provoque ou la subit.

L’Albanie, la Bulgarie, la Roumanie et la Hongrie multiplient systématiquement les incidents de frontière, maltraitent et expulsent des diplomates yougoslaves, rendent chaque jour plus hermétique le dispositif de blocus économique qu’elles ont mis en place. La Tchécoslovaquie elle-même, par une série de manœuvres d’obstruction et d’atermoiements délibérés, a fait échouer pratiquement ses négociations commerciales avec Belgrade. L’URSS de son côté, sortant peu à peu des coulisses, durcit son attitude.

Les Yougoslaves, toujours avec un sang-froid apparent, dénoncent avec de plus en plus de force les manœuvres et les hérésies anti-marxistes de leurs adversaires et la volonté de ces derniers...

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